Depuis le début de sa carrière sportive, José Antonio Reyes semble avoir signé un pacte avec le prestige. Agé de 23 ans, il peut déjà se targuer d'avoir porté les couleurs de deux des plus grands clubs européens et d'avoir disputé la Coupe du Monde de la FIFA, avec l'Espagne. Autant dire que le jeune Andalou vit à 100 à l'heure. Cela dit, la réussite ne lui a pas été livrée clé en main.

Tout juste remis d'une légère déchirure à la cuisse droite, Reyes a repris l'entraînement avec le Real Madrid. C'est à la sortie d'une séance que FIFA.com l'a rencontré. Première impression : le jeune homme est détendu et on le sent très heureux d'être revenu au pays.

"A Madrid, je me sens chez moi. J'avais très envie de revenir en Espagne et de jouer au Real. La vie ici n'a rien à voir avec ce que j'ai connu en Angleterre", raconte-t-il avec un grand sourire.

Habitué depuis très jeune à évoluer sur l'aile, il débute au FC Séville à l'âge de seulement 16 ans. Il vient tout juste de souffler ses 20 bougies qu'il est déjà prêt à l'expatriation : direction l'Angleterre. "Partir de Séville n'a pas été facile. Personnellement, je voulais rester parce que je me sentais très bien dans cette équipe. Cela dit, le championnat anglais a été une bonne expérience."

Difficile cependant de résister aux chants des sirènes, même si en rejoignant l'équipe d'Arsène Wenger à l'intersaison 2003/2004, le jeune Espagnol sait que la concurrence sera âpre. D'autant plus qu'il n'est pas aidé par la chance, puisqu'il marquera son premier but avec les Gunners contre son camp, dans une rencontre de Coupe de la Ligue, face à Middlesbrough. Mais à force de sacrifices et de travail, il fait son trou et parvient à passer de plus en plus de temps sur la pelouse d'Highbury. Cette première année dans le nord de Londres se termine même plutôt bien, Arsenal s'adjugeant la Premier League.

"Je ne regrette rien, car j'ai énormément appris là-bas : une méthode de travail différente, une discipline… Dans un championnat aussi fort que la Premier League, on apprend forcément beaucoup de choses. Le jeu en Angleterre est différent de celui de la Liga. Il y a beaucoup plus de contacts et de défis physiques, alors qu'ici, on joue plus au ballon, il y a plus de qualité", analyse le néo-Madrilène, qui aura finalement passé trois années outre-Manche.

Expérience enrichissante certes, mais quelque peu frustrante pour quiconque a passé les 21 premières années de sa vie dans le sud de l'Espagne. Car entre le caractère extraverti des Andalous et le style de vie britannique, il y a un abîme… que Reyes n'a pas réussi à combler : "La vie londonienne ne correspondait pas du tout à ma manière d'être, résume-t-il. A Londres, l'hiver arrive vite et il fait nuit très tôt. En plus, les magasins ferment de bonne heure. Plus le temps passait, moins je me sentais bien. Et lorsqu'un joueur de foot n'est pas bien dans sa tête, ça se ressent sur le terrain. Dans ces cas-là, mieux vaut changer d'air".

C'est ce qu'il a fait. Décision risquée, avec comme principale garantie un talent unanimement reconnu. Très vite, les deux grands clubs de la capitale espagnole sont sur le coup. C'est finalement le Real Madrid qui s'attache les services de l'ancien Sévillan. Ce dernier est conscient que les Merengues n'ont pas remporté le moindre titre au cours des quatre dernières années. Mais qu'importe. Reyes n'a jamais caché son attirance pour le Real. "Quand j'ai signé, le club ne gagnait plus rien. Par contre, il y avait le potentiel pour remporter n'importe quelle compétition. Pour moi, le Real a toujours été la meilleure équipe d'Europe. C'est pourquoi je suis très heureux d'être venu ici."

Les Galacticos new-look de Fabio Capello effectuent un début de saison en dents de scie, où les victoires nettes et sans bavures (victoire 2:0 dans le Clásico contre le FC Barcelone et 4:1 face au Steaua Bucarest en Ligue des champions de l'UEFA) sont gâchées par des défaites surprenantes (0:1 face à Getafe, en championnat) ou des matches nuls embarrassants (1:1 avec Ecija, club de deuxième division espagnole, en Copa del Rey).

"L'équipe a trouvé son jeu"
"Ce match de coupe contre Ecija ne compte pas vraiment, car le terrain était dans un état catastrophique. Mais l'équipe est en train de trouver son jeu. Il s'agit maintenant de ne pas le perdre… Contre Getafe, nous n'avons pas été bons, mais nous nous sommes largement rattrapés ensuite face au Steaua et au Barça. Dans ces deux rencontres, nous avons très bien joué."

La traversée du désert touche donc à sa fin ? "Bien sûr, tranche-t-il. Avec l'équipe que nous avons ! Nous sommes tous affamés de victoires… et de titres. Nos deux grands rivaux en championnat sont le FC Barcelone et Valence", indique-t-il sur le ton du défi.

Bien qu'il fasse encore partie des nouveaux arrivants en Castille, Reyes est convaincu que les choses ont changé dans le vestiaire madrilène. "Je n'étais pas là l'année dernière pour en juger, mais les anciens disent tous qu'il y a eu un changement. Apparemment, l'ambiance est bien plus positive cette saison."

Terminons par la question que tout le monde se pose : qu'arrive-t-il à l'équipe d'Espagne ? "Je n'en sais rien. Si nous le savions, nous aurions déjà trouvé une solution, ajoute-t-il avec une expression un peu résignée, vite chassée par un message en forme de promesse à tous les supporters de la Furia : "Nous irons à l'EURO 2008. Nous avons suffisamment confiance en nous pour redresser la barre et aller chercher la qualification".