L'Europe est un terrain de chasse apprécié des attaquants brésiliens. Tous les ans, le Vieux Continent voit débarquer un nouveau contingent de prédateurs qui ne tardent pas à faire des ravages dans leur championnat d'accueil. Pourtant, certains éprouvent quelques difficultés d'acclimatation. Deivid de Souza entre dans cette catégorie. Bien qu'ayant affolé les compteurs au Santos et au Corinthians , il a eu du mal à négocier sa traversée de l'Atlantique. Après une saison fantomatique à Bordeaux puis un passage en dents de scie au Portugal, ce buteur de 27 ans a retrouvé en Turquie la forme qui avait fait dire à Pelé : "C'est la star de demain pour la Seleção".
Cette résurrection n'est pas pour déplaire à son nouveau club, Fenerbahçe , bien décidé à fêter comme il se doit son centenaire en 2007. En plus de reprendre le titre national au Galatasaray, son éternel rival, l'ancien club de Nicolas Anelka souhaite remporter la Coupe de Turquie pour la première fois en plus de 20 ans. A l'approche de la mi-saison, le premier objectif semble parfaitement dans les cordes des jaune et bleu. Les performances de leur numéro 99 brésilien n'y sont d'ailleurs pas étrangères.
Un transfert surprenant
L'arrivée de Deivid en provenance du Sporting du Portugal en a surpris plus d'un, l'attaquant ayant débuté la saison sous les couleurs lisboètes. Lors de la première journée du championnat portugais, il a même joué un rôle décisif en surgissant du banc pour inscrire un doublé face à Boavista (3:2). Quoi qu'il en soit, il arborait quelques jours plus tard le maillot de Fenerbahçe.
En analysant la saison 2005/2006 de son nouveau club, l'entraîneur du club stambouliote, le légendaire Zico, avait identifié le faible rendement de sa ligne offensive. L'équipe se reposait de trop sur les prouesses de son génial meneur Alex et de Tuncay Sanli, utilisé en neuf et demi ou en ailier. Ainsi, même s'il avait déjà à sa disposition le buteur serbe Mateja Kezman, l'ancien sélectionneur du Japon a convaincu son trésorier de mettre la main à la poche pour recruter Deivid. Ce changement d'air n'a pas été pour déplaire à l'ancien Bordelais : "Je suis content de venir ici à Fenerbahçe, s'est il réjoui après avoir signé son contrat au stade Sukru Saracoglu. Je suis ici pour réussir. Nous avons une très belle équipe, ça va être génial de jouer avec des gars comme Alex".
Le déclic
Deivid étrenne ses nouvelles couleurs à l'occasion du match nul 2:2 avec Antalyaspor en septembre. S'il ne trouve pas le chemin des filets, le Brésilien impressionne ses nouveaux employeurs par son sens du sacrifice et sa capacité à apporter du liant à l'équipe.
Ce convaincant baptême du feu est pourtant suivi d'une période creuse qui voit Zico reléguer son compatriote sur le banc et recourir à une seule pointe, Kezman. Son retour dans le onze titulaire, Deivid l'effectue à l'occasion de l'entrée en lice de "Fener" dans la Coupe de Turquie, fin octobre, contre Gaziantepspor. Cette fois, le Sud-américain ne laisse pas passer sa chance et marque un but tardif qui scelle la victoire 2:0 de son club.
Cette réussite va constituer un véritable déclic pour le natif de Nova Iguaçu - un quartier de Rio de Janeiro -, surtout que Kezman se blesse lors du match suivant, prolongeant ainsi le bail de Deivid. Ce concours de circonstance fait bien du mal à Manisaspor, alors leader du championnat . A Manisa, l'ancien de Cruzeiro inscrit en effet tous les buts du succès 3:2 des visiteurs. Lors de la journée suivante, Deivid récidive en faisant parler la poudre une fois lors de la victoire 4:1 face à Gaziantepspor. Et pour la bonne bouche, le redoutable finisseur trouve encore le chemin des filets face au modeste Sivasspor, défait 0:4 en Coupe de Turquie.
Non content d'avoir ouvert la marque et enfoncé le clou en seconde période, portant ainsi son compteur à sept buts en quatre matches, il offre une passe décisive à son collègue de l'attaque, Semih. "J'ai été très impressionné par Deivid, se réjouit Zico après le match. Je lui avais demandé de prêter main-forte à ses milieux et il l'a fait à la perfection."
Le grand derby approche
Suite à son match nul et vierge avec Besiktas le week-end dernier, Fenerbahçe pointe en tête du championnat avec quatre longueurs d'avance sur son dauphin, le grand "Gala". Alors que les ennemis séculaires briguent tous deux leur dix-septième titre national, l'enjeu sera de taille début décembre. Dans cette optique, Fenerbahçe espère voir Deivid continuer sur sa lancée. Si c'est le cas, les défenseurs de Galatasaray auront de quoi s'occuper…