L'avenir de Jérôme Rothen au PSG s'est encore un peu plus obscurci après sa mise à pied pour ses critiques virulentes contre les dirigeants du club en fin de saison dernière et l'accueil houleux que lui ont réservé les supporteurs parisiens lors de la reprise de l'entraînement vendredi.
L'histoire d'amour entre le milieu gauche et Paris semble bel et bien toucher à sa fin et plus rien ne s'oppose à une séparation en bonne et due forme entre les deux parties.
La direction du club avait prévenu dès le 1er juin que les déclarations incendiaires du joueur au journal L'Equipe ne resteraient pas impunies. Elle a tenu parole avec "une mise pied à titre conservatoire" qui doit être le prélude à "une sanction qui lui sera notifiée en début de semaine prochaine".
Il est vrai que Sébastien Bazin, le président et actionnaire principal, ne pouvait que difficilement accepter de voir un de ses employés régler ses comptes de manière aussi véhémente dans la presse.
Rothen n'avait ainsi pas été tendre avec le patron de Colony Capital Europe. "Dès le début de la saison, j'ai senti un changement de comportement de sa part, avait-il expliqué à l'Equipe. Avant, quand il avait un message à faire passer au groupe, il me demandait. Quand je le voyais, on parlait souvent. Aujourd'hui, c'est à peine s'il me dit bonjour. Avec de tels dirigeants, je ne peux pas rester."
Réconciliation difficile
Quant à Alain Roche, le responsable du recrutement, il était accusé d'avoir "fracassé" Rothen sur la place publique, "puis auprès des dirigeants et des actionnaires et même dans les loges du Parc pendant les matches".
Inamovible sous les ordres de Paul Le Guen, Rothen, dont les performances ont toujours été des sujets de débats entre les supporteurs, avait sans doute senti le vent tourner en sa défaveur après l'officialisation du départ du Breton. Mais ce déballage sur la place publique a fait l'unanimité contre lui.
Vendredi matin, les fans parisiens ont du reste ostensiblement pris leurs distances avec le joueur. "Rothen, casse-toi", "Rothen, tu pues": les cris des supporteurs avaient le mérite de la clarté alors que les joueurs effectuaient leurs premières foulées après un mois de vacances. Et il a fallu une intervention de l'entraîneur Antoine Kombouaré pour calmer l'assistance.
Même si le club et le nouveau technicien parisien expliquent qu'"il n'y a pas d'offre pour Rothen" et qu'"il fait partie de l'effectif", la réconciliation semble difficile. L'ancien Monégasque, âgé de 31 ans, dispose de l'un des plus gros salaires d'un PSG en manque de liquidités pour recruter et son départ donnerait une plus grande latitude aux décideurs parisiens pour la suite du mercato.
En cas de vente de Rothen, le gâchis serait énorme. En rejoignant la capitale en 2004, Rothen pensait avoir exaucé un rêve d'enfant, lui le natif de Châtenay-Malabry et fan de la première heure du PSG.
Mais entre les blessures, sa mise à l'écart sous la direction de Guy Lacombe et ses relations compliquées avec les supporteurs (en décembre 2007, il avait reçu des menaces pour avoir jeté à terre un tract distribué par un fan parisien), son passage à Paris laissera un goût d'inachevé avec comme seuls trophées une Coupe de France et une Coupe de la Ligue. Un bien maigre bilan pour celui qui se voyait terminer sa carrière au PSG.
