En football comme dans la vie, les premières impressions sont toujours très importantes. Dunga lui-même en a fait l'expérience en août 2006. A cette époque, l'ancien champion du monde arrive à la tête de la Seleçao, l'un des postes les plus convoités mais aussi les plus exposés de la planète football. Pour beaucoup de journalistes, sa nomination n'est qu'une simple manœuvre de la part des dirigeants brésiliens pour apaiser les fans. Pendant que le nouvel entraîneur de l'équipe nationale prépare ses troupes pour un premier match amical à Oslo, contre la Norvège, ses détracteurs affûtent déjà leurs stylos.

Une défaite en Scandinavie aurait certainement entamé le crédit du nouvel homme fort du football brésilien. Malgré la pression, Dunga décide de se passer des services de Ronaldinho et Kaka, à la surprise générale. Mais l'ancien milieu de terrain international a d'autres atouts dans sa manche : il suit depuis un moment déjà un jeune joueur plein de talent, capable de déstabiliser n'importe quelle défense par ses dribbles chaloupés, habile dans le dernier geste et redoutable sur coups de pied arrêtés. Sous son impulsion, le CSKA Moscou a réalisé un triplé historique la saison précédente.   

Daniel Carvalho justifie pleinement la confiance placée en lui. Buteur, il permet au Brésil de repartir de Norvège sur un honorable match nul (1:1). A 23 ans, tous les espoirs lui sont permis. Pourtant, après une année triomphale, Carvalho va connaître une longue traversée du désert. De retour au CSKA début 2009, le numéro 7 semble avoir retrouvé toutes ses sensations. Grâce à lui, l'équipe désormais entraînée par Zico a déjà remporté deux trophées en moins d'un an. Revenu à son meilleur niveau, il se reprend aujourd'hui à rêver d'une place au sein de l'équipe du Brésil qui disputera la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010.   

Un bon coup franc peut changer le cours d'un match. Zico fait incontestablement partie des meilleurs pour cela. Avec lui, j'ai la chance de pouvoir améliorer ma technique
Daniel Carvalho, à propos de l'aide de Zico sur les coups francs

Daniel Carvalho, en 2005, vous avez remporté trois titres avec le CSKA Moscou. Vous aviez été élu meilleur joueur de la finale de la Coupe UEFA et premier joueur étranger à être sacré Joueur de l'année en Russie. Quels souvenirs en gardez-vous ?
2005 restera comme une grande année dans ma carrière. Je vivais ma deuxième saison au CSKA et je connaissais bien le football russe. Nous avons remporté des titres prestigieux, y compris la Coupe UEFA. Ce titre de meilleur joueur du championnat m'a paru être une reconnaissance de mes efforts.   

L'année suivante, vous avez connu une sérieuse baisse de régime. Que s'est-il passé ?
Tout le monde, dans sa vie professionnelle, passe par des hauts et des bas. De ce point de vue, le football n'est pas différent. Parfois, les blessures s'en mêlent. Il faut apprendre à gérer de telles situations.  

Depuis votre retour en Russie, vous semblez avoir retrouvé votre meilleur niveau. Vous avez joué un rôle important dans les récents succès du CSKA en Coupe de Russie et en Super Coupe de Russie.
Nous avons gagné deux titres en six mois. Cela me fait évidemment très plaisir, mais je dois continuer à m'appliquer pour servir l'équipe au mieux.

L'arrivée de Zico au poste d'entraîneur en janvier dernier a-t-elle été bénéfique ?
Zico et ses collaborateurs font vraiment de l'excellent travail. Je pense que les résultats en disent long à ce sujet. Zico est un grand entraîneur. C'était aussi une icône du football brésilien et une star mondialement connue. C'est un privilège de travailler à ses côtés. J'apprends beaucoup à son contact.

Chaque fois que l'on endosse ce maillot, on accepte une énorme responsabilité. Pourtant, je n'ai pas ressenti de pression particulière, ce jour-là. J'étais simplement heureux
Daniel Carvalho, à propos de sa première sélection en équipe du Brésil

En tant que spécialiste des coups de pied arrêtés, avez-vous bénéficié de son expérience, lui qui fut l'un des plus grands tireurs de coups francs de tous les temps ?
Depuis mon premier passage à l'Internacional, je travaille régulièrement les coups de pied arrêtés à l'entraînement. Un bon coup franc peut changer le cours d'un match. Toutes les équipes ont besoin d'un joueur capable de marquer dans ces situations. Voilà pourquoi j'ai toujours voulu maîtriser cet art. L'histoire du football est riche de grands artificiers, mais Zico fait incontestablement partie des meilleurs. Avec lui, j'ai la chance de pouvoir améliorer ma technique. C'est un réel avantage.

Pensez-vous que Zico pourrait devenir un jour sélectionneur du Brésil ?
Je crois qu'il possède toutes les qualités requises. Ceci étant dit, Dunga fait du très bon travail et je suis ravi de côtoyer Zico au CSKA. J'ai beaucoup de chance d'évoluer sous les ordres d'un tel technicien.

Yuri Zhirkov vient tout juste de rejoindre Chelsea. Pensez-vous avoir davantage de responsabilités depuis son départ ?
Yuri est un grand joueur et il va nous manquer. Heureusement, le CSKA possède beaucoup d'éléments de qualité. Nous devrions donc être capables de maintenir notre niveau actuel. Pour ce qui est des responsabilités, c'est toute l'équipe qui va devoir compenser son absence. Seul, on ne peut rien faire.

Selon vous, Zhirkov a-t-il les qualités requises pour s'imposer en Premier League ?
Sans aucun doute. C'est un excellent footballeur. Ce n'est pas pour rien qu'il a été élu meilleur joueur du championnat de Russie l'année dernière. Il traverse une période faste, ce qui devrait faciliter son adaptation. En plus d'être rigoureux en défense, Zhirkov est très à l'aise en phase offensive. Je crois que Chelsea a fait une très bonne affaire. En tout cas, je lui souhaite de réussir.

Si je travaille dur et que les résultats suivent, j'ai bon espoir d'être présent en Afrique du Sud. Disputer une Coupe du Monde avec le Brésil serait le couronnement de ma carrière
Daniel Carvalho, à propos de ses ambitions personnelles pour 2010

La Premier League russe entre dans sa deuxième phase, les cinq premiers du classement se tiennent en quatre points. Le CSKA, quatrième avec un match en retard, peut-il décrocher le titre ?  
Toutes les équipes actuellement à la lutte ont les moyens de l'emporter. Malgré la qualité de nos rivaux et les problèmes auxquels nous serons confrontés, je crois que nous avons toutes nos chances.

Parlons un peu de l'équipe nationale. Qu'avez-vous ressenti en marquant dès votre premier match, contre la Norvège ?
Tout le monde rêve de représenter son pays. J'ai porté les couleurs du Brésil en juniors et j'ai eu la chance d'être appelé pour cette rencontre en Norvège. Chaque fois que l'on endosse ce maillot, on accepte une énorme responsabilité. Pourtant, je n'ai pas ressenti de pression particulière, ce jour-là. J'étais simplement heureux d'avoir marqué et d'avoir permis à la Seleção d'obtenir un bon match nul pour la première sortie de Dunga en tant que sélectionneur.

Comment jugez-vous le parcours de Dunga à la tête de l'équipe nationale ?
On a beaucoup parlé de son manque d'expérience, mais Dunga a réalisé de l'excellent travail. Son équipe est bien partie pour se qualifier pour la Coupe du Monde et elle vient de remporter la Coupe des Confédérations. Ces résultats sont la conséquence logique de ses efforts. Il possède un réel talent.

A moins d'un an de la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, pensez-vous pouvoir vous imposer dans ses plans ?
L'espoir est toujours permis. La Coupe du Monde est la plus prestigieuse des compétitions. Dunga ne manque pas de choix, y compris à mon poste, mais s'il a besoin de moi, je répondrai présent.

L'une des places de milieu offensif semble promise à Kaka. Il est souvent présenté comme l'un des meilleurs joueurs au monde, au même titre que Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi. Lequel des trois est le plus fort, d'après vous ?
C'est une question difficile. Ce sont tous des champions exceptionnels, mais je pense quand même que Kaka est le plus fort. Il est très complet, il possède une technique impressionnante et une efficacité redoutable.

La rumeur vous envoie souvent dans de grands clubs européens. Avez-vous réellement des envies de départ ?
Sincèrement, je suis très heureux ici. J'aime Moscou, je m'entends bien avec mes coéquipiers et avec mes entraîneurs. Si je devais partir, ce serait pour relever un nouveau défi mais, pour l'heure, je ne veux qu'une chose : gagner d'autres titres avec le CSKA.

Dernière question : quelles sont vos ambitions pour l'avenir ?
J'espère que je continuerai à éprouver autant de plaisir sur le terrain. J'aimerais remporter le titre avec le CSKA et aider le club à aller le plus loin possible en Ligue des champions. Si je travaille dur et que les résultats suivent, j'ai bon espoir d'être présent en Afrique du Sud. Disputer une Coupe du Monde avec le Brésil serait le couronnement de ma carrière.