Deux semaines avant d'entamer la défense de son titre, le champion de France bordelais lance sa saison samedi contre Guingamp, lors d'un Trophée des champions pour la première fois délocalisé, à Montréal, dans le cadre d'une grande opération de promotion du football français à l'étranger.

Les Girondins sont déjà entrés dans le vif du sujet avec un amical plutôt musclé remporté mardi face à leur dauphin marseillais (2-1) mais malgré l'identité de l'adversaire breton et son statut de pensionnaire de L2, ils auront la même obligation de résultat pour ce premier rendez-vous officiel de l'exercice 2009-10 fixé dans la cité québécoise.

Le contexte (long voyage, décalage horaire, crainte da la grippe porcine) a pourtant quelque peu refroidi l'enthousiasme initial des Bordelais et Laurent Blanc restait partagé avant son départ entre la nécessité pour son club d'honorer son rang et la peur de voir les organismes de ses joueurs usés par un tel déplacement.

Exaspération
"On est très heureux de disputer ce Trophée des champions, cela veut dire que l'année dernière on a fait une bonne saison. Aller disputer le Trophée des Champions dans un pays francophone qui n'a pas forcément l'habitude de voir le championnat de France, l'idée est assez originale. Ce que je trouve un peu moins original, c'est la période", a estimé le technicien bordelais.

"On est conscient qu'au niveau de la préparation, la semaine au Canada (les Girondins doivent aussi affronter l'Impact de Montréal, le 28 juillet, ndlr) ne sera pas comme la semaine que l'on avait pu faire l'an dernier en Bretagne, et où on pouvait faire du travail physique, technique, tactique", a-t-il ajouté.

Laurent Blanc souhaitait également profiter du Trophée des champions pour effectuer une large revue de son groupe mais le règlement de l'épreuve lui impose de respecter la limite des trois changements de joueurs.

Un motif de plus d'exaspération pour l'ancien champion du monde, qui doit encore définir les contours de son effectif avec notamment un cas épineux, celui de son attaquant Marouane Chamakh. Le Marocain, qui souhaite quitter le club girondin, est bel et bien du voyage outre-Atlantique même à contre-coeur ("Je n'ai pas la tête à partir au Canada", avait-il expliqué, lundi à l'Equipe) mais Blanc aimerait que son joueur clarifie au plus vite son avenir.

"Forte présence bretonne"
D'autant que si Bordeaux a réglé très tôt la situation de son meneur de jeu Yoann Gourcuff, levant l'option d'achat auprès de l'AC Milan dès le 28 mai (13 millions d'euros), il reste toujours à la recherche d'un défenseur central pour remplacer Souleymane Diawara, parti à Marseille.

A Guingamp, ce périple canadien rencontre un tout autre écho. "Jouer un match de compétition est toujours intéressant. D'autant plus qu'il se situe 15 jours avant la reprise du championnat, donc là, c'est même extrêmement intéressant. Seul le vainqueur a un trophée, donc on ne va pas aller à Montréal pour bétonner. Je sais en plus qu'En Avant pourra compter sur la forte présence bretonne au Canada pour être soutenu", a indiqué le président guingampais Noël Le Graët. Près de 30.000 spectateurs sont attendus.

Son entraîneur, Victor Zvunka, aura lui moins de chance et sera privé de banc de touche après avoir écopé de trois matches de suspension après la demi-finale de Coupe de France.