En une semaine, l'attaquant de l'équipe de France et du Toulouse FC (L1), André-Pierre Gignac, a pris de la valeur après son but décisif aux Iles Féroé (1-0), mercredi, et le prolongement de son contrat, vendredi, le liant désormais au TFC jusqu'en 2013.

Titulaire pour la première fois en équipe de France pour sa quatrième sélection, buteur décisif (son premier en Bleu) dans un match qui l'était tout autant, André-Pierre Gignac a commencé la semaine en prenant une nouvelle dimension sportive.

Le prolongement de son contrat d'une année supplémentaire a augmenté la valeur marchande du meilleur buteur de L1 la saison passée (24 buts), à condition bien sûr qu'il parvienne à confirmer son nouveau statut.

Avant cette folle semaine pour l'attaquant de 23 ans, Gignac avait été durant le mercato d'été la cible du septuple champion de France, désireux de trouver un successeur à Karim Benzema, parti au Real Madrid.

Jean-Michel Aulas et Olivier Sadran, les présidents respectifs de Lyon et du TFC, s'étaient livrés pendant plusieurs semaines à des passe d'armes par médias et communiqués interposés, l'un (Aulas) parlant d'une "porte toujours entrouverte", l'autre (Sadran) répondant que son joueur fétiche était "intransférable", se taillant au passage la réputation d'un homme inflexible.

Les propositions faites pour acquérir Gignac, pour 15 millions d'euros minimum, n'ont pas fait ciller l'actionnaire principal du TFC.

"Le seul joueur que nous avons 'loupé' (...) au niveau du recrutement, c'est André-Pierre Gignac", a regretté Jean-Michel Aulas, qui se dit prêt à formuler une nouvelle offre dans un an.

"Si je refais une saison comme celle-là..."
Avant la reprise du TFC, Sadran lançait un brin provocateur: "la saison prochaine 'Dédé' sera beaucoup trop cher pour Lyon". Avec cette prolongation jusqu'en 2013, sans doute assortie d'une revalorisation salariale, Sadran vise juste.

"Quand Aulas dit vouloir me recruter la saison prochaine cela me fait plaisir mais si je refais une saison comme celle-là cela ne sera peut-être pas Lyon mais autre chose, qui sait", confie le joueur sans cacher ses ambitions.

"Par rapport à ce qui s'est passé cet été, le président voulait me démontrer qu'il comptait beaucoup sur moi. Il m'a témoigné de son affection et, comme moi aussi j'en ai beaucoup pour le club, nous avons décidé de prolonger. J'en suis très content", a ajouté Gignac sur le site internet du club.

Pour Gignac, arrivé en 2007 avec un contrat de 4 ans, Toulouse, c'est "le choix du coeur", mais avec un des gros salaires du championnat, même si sa rémunération n'a pas été dévoilée.

Avant la prolongation de vendredi, Gignac émargeait à 150.000 euros net après une première prolongation de contrat doublée d'une revalorisation salariale, en janvier 2009.

Apprécié dans le vestiaire, Gignac a été accueilli jeudi matin à l'entraînement par une "standing ovation" de ses partenaires.

"Gignac a le même potentiel que Benzema. Il va devenir un joueur important de l'équipe de France. C'est comme Ribéry, (ces joueurs) ne calculent pas leurs efforts. Ils ne se posent pas de questions, ils jouent comme quand ils étaient enfants, ils se font plaisir et cela apporte beaucoup de fraîcheur dans une équipe", commente Alain Casanova, l'entraîneur qui lui a fait confiance après une première saison blanche, dans l'ombre du Suédois Elmander.