Auteur de deux buts et d'une passe décisive, Grégory Thil, qui découvre la Ligue 1 à 29 ans, fait depuis quatre ans le bonheur du promu boulonnais et de la ville dont il est presque devenu l'emblême.
Meilleur buteur et joueur de la L2, Thil s'est installé dans l'élite avec tranquillité. Simplicité. Malgré sa réussite personnelle, c'est l'équipe, qui reçoit Auxerre lors de la 4e journée, qu'il veut porter comme étendard. "Pour un promu, deux victoires en trois matches, c'est très bon", dit-il.
"On n'avait aucune crainte car on ne savait pas ce que cela allait donner en L1. La plupart, nous n'y avions jamais joué. On a attaqué la saison avec détermination, humilité. Au niveau de mes stats, c'est intéressant. Mais je suis capable de faire bien mieux que ça", ajoute-t-il
Thil a le verbe facile mais il rechigne à parler de lui. Question de caractère. Son principal objectif comme footballeur est d'être "un exemple". Lui est toujours le premier lors des entraînements, à tester les exercices concoctés par l'entraîneur ou à passer... les bouteilles d'eau.
Plus qu'un simple capitaine, Thil c'est l'âme du groupe. A titre d'exemple, juste après l'accession, il a parlé à tous ses coéquipiers pour leur demander de refuser toutes les propositions et de rester alors que l'entraîneur Philippe Montanier partait à Valenciennes.
Autre exemple, la saison passée, quand Boulogne traversait une période de turbulences, l'idée de vacances en groupe à Ibiza en cas de montée a couru dans le vestiaire. Il a tenu promesse. Et a payé la majeure partie du voyage "avec la prime" d'accession.
"Cursus normal"
Si Boulogne se maintient en mai prochain ? "On s'est juste dit qu'on repartirait bien ensemble", répond Thil. Cette fois, cependant, le capitaine ne payera probablement pas tout, ses coéquipiers percevant désormais des rémunérations bien plus importantes que la saison passée en L2.
L'histoire d'amour entre Thil et Boulogne est déjà ancienne. Elle remonte à 2005. L'USBCO avait repéré le joueur à Beauvais (National), "le grand club de l'Oise" où le natif de Creil a commencé sa carrière tardivement - à 18 ans il évoluait en départemental - et qui comptait aussi un certain Steve Savidan.
C'est donc avec Boulogne que Thil, passé par Balagny puis Mouy et après avoir passé un bac comptabilité-gestion (STT) pour devenir... professeur de sport, va grimper tous les échelons. "J'ai un cursus normal. Je me suis épanoui dans un environnement qui me correspondait", constate-t-il.
Souvent comparé à Savidan, Thil assure n'avoir "aucun regret" d'être passé entre les mailles du filet des recruteurs. Adepte du +tout-vient-à-point-à-qui-sait-attendre+, il ne regarde d'ailleurs pas plus loin dans le futur que la réception d'Auxerre et "les trois points à prendre".
L'avenir, c'est une autre histoire. Elle pourrait s'écrire à Boulogne: "Je m'y verrais bien finir ma carrière". Mais aussi ailleurs. Il se murmure que le maire Frédéric Cuvillier (PS), sous le charme du capitaine ayant lancé aux supporteurs +soyez fiers d'être boulonnais+, le recruterait volontiers comme adjoint.
"Il ne m'a pas approché", rigole Thil.
