Nettement relifté à l'intersaison et encore en période de greffe, Marseille accueille quasiment sans transition Bordeaux, au patrimoine préservé, dimanche pour le premier grand choc de la saison et retrouve le Vélodrome où sera honorée la mémoire de Robert Louis-Dreyfus.

Trois victoires de rang pour le champion bordelais, deux succès et un nul pour son dauphin 2008-2009: les deux grandes écuries qui ne se sont guère lâchées l'an passé traversent l'été comme elles ont achevé le printemps, sur un rythme de candidat au titre.

Ce constat arithmétique mérite cependant nuance. Car si Bordeaux a jusqu'à présent dégagé l'impression d'une certaine aisance, l'OM est encore en quête d'équilibre collectif.

Les faits semblent donner raison, pour l'heure, au coach marseillais Didier Deschamps qui, lorsqu'on s'avise à faire de l'OM le favori pour le titre, n'a de cesse de signaler que "rien ne vaut le vécu d'une équipe", en allusion aux Girondins. Avec quatre titulaires sur 11 débarqués cet été, l'OM vit en effet une mini-révolution, là où Bordeaux a conservé ses cadres et notamment son intenable duo Gourcuff-Chamakh, à l'exception de Diawara, parti à... l'OM.

Blanc: "peut-être un temps d'avance"
Tous les Marseillais y vont d'ailleurs de ce discours, du milieu Edouard Cissé ("Bordeaux est sur son petit nuage, sur sa lancée de la saison dernière, c'est une très belle machine, avec un gros capital confiance") au défenseur Taye Taiwo ("ici, on achète beaucoup de joueurs à chaque saison, et à Bordeaux, ils jouent ensemble depuis deux ou trois ans").

L'entraîneur bordelais Laurent Blanc ne dit pas le contraire: "Tous les observateurs sont unanimes, Marseille est en pleine phase de reconstruction car ils ont décidé de changer beaucoup de joueurs. Etant donné que Bordeaux n'a pas suivi la même philosophie, on a peut-être un temps d'avance, au niveau de l'état d'esprit, des automatismes sur le terrain".

Dans les clous d'un point de vue comptable, l'OM se cherche encore sur le pré. Cela a valu aux joueurs un sérieux recadrage de Deschamps à la mi-temps du match à Rennes dimanche (1-1), où les flottements défensifs et une transmission milieu-attaque déficiente les a mis en difficulté. Dans l'attente du retour de son meneur de jeu argentin Lucho Gonzalez, plus gros transfert de l'histoire du club et victime d'une fracture d'une clavicule, Marseille fait le dos rond. Pendant ce temps-là, Gourcuff, lui, flambe déjà...

à la mémoire de "RLD"
Avec un effectif resserré où tous les postes sont doublés, Marseille a de quoi cependant tenir son rang. La virilité des débats lors du match amical à Dax le 21 juillet (victoire de Bordeaux 2-1) situe également l'enjeu de cette rencontre. Les recrues de l'OM qui ont rencontré les supporteurs à la Commanderie jeudi pour un "pot de l'amitié", ont répété le message.

D'autant que l'OM évoluera pour la première fois de la saison au Vélodrome. L'effondrement le 16 juillet de la scène du concert de Madonna, qui a fait deux morts, a en effet retardé la mise à disposition du stade et contraint l'OM à disputer son premier match "à domicile" contre Lille à Montpellier. Au grand dam de nombreux supporteurs qui souhaitaient le report du match.

A guichets fermés, sur une pelouse neuve dont Blanc craint d'ailleurs qu'elle soit un obstacle au jeu, le Vélodrome rendra enfin hommage à Robert Louis-Dreyfus, décédé le 4 juillet. Les joueurs arboreront notamment un maillot noir et blanc où figurera la mention "merci RLD", et une minute d'applaudissements lui sera dédiée. Sous les yeux de ses héritiers, sa veuve Margarita - qui n'a pas toujours été bien accueillie au Vélodrome - et ses trois enfants, une défaite serait de mauvais goût...