Déjà double buteur et passeur cette saison en L1, l'attaquant polyvalent de Bordeaux Yoan Gouffran semble avoir enfin trouvé sa place au sein des champions de France après une première saison fragilisée par une adaptation plus longue qu'il ne l'espérait.

Les statistiques sont vraiment impitoyables. En à peine six matches cette saison en L1 (dont trois comme titulaire), l'ancien Caennais a déjà fait aussi bien que la saison dernière où il avait dû attendre la 33e journée pour se mouvoir en buteur.

Une frappe de l'intérieur du gauche à la conclusion d'une action à quatre contre Grenoble (1-0), une tête après un corner à Boulogne (2-0), puis deux caviars adressés à Marouane Chamakh (contre Lens) et Yoann Gourcuff (contre Nice): l'international espoirs a enfin marqué son territoire.

"J'avais envie de prouver que j'avais le niveau pour jouer à Bordeaux, pour m'imposer ici. J'ai franchi un palier, j'essaie de jouer libéré", assure-t-il.

Dire que Gouffran est la meilleure recrue des Girondins cette saison serait toutefois un brin réducteur car le joueur originaire de la Guadeloupe a quand même pris une part prépondérante dans l'obtention du titre en inscrivant le but décisif pour le titre, chez lui à Caen (1-0), lors de la dernière journée.

Non, Gouffran a pris son temps, tout simplement, à l'inverse d'un Gourcuff, plus mature, précoce et sûr de lui, qui a éclaté puis éclaboussé la L1 la saison dernière.

"La tête à l'endroit"
Très timide de nature, peu à l'aise à droite dans le 4-4-2 losange prôné par son entraîneur Laurent Blanc, il a longtemps 'déjoué' malgré la volonté du staff girondin d'en faire +son homme+ du couloir droit, de le voir défendre, contrairement à Caen où il dit avoir eu "beaucoup plus de liberté".

Bordeaux trop grand pour Gouffran ? Cette question, l'ancien Caennais se l'est posée maintes fois l'an dernier avouant "ressentir beaucoup de frustration", s'interrogeant même ouvertement sur le bien-fondé de sa venue chez les Girondins.

"Je ne vais pas vous cacher que, parfois, j'y ai pensé, je me suis dit 'je n'aurais peut-être pas dû venir à Bordeaux'", déclarait-il en février alors qu'il rongeait son frein sur le banc.

Mais, nuançait-il aussitôt, "dans une carrière, cela arrive à tout le monde. Je ne regrette vraiment pas d'être venu ici. J'ai connu la Ligue des Champions, le haut de tableau, c'est un autre monde. Je suis passé d'un monde normal au très haut niveau".

Car l'homme a de l'orgueil. Il s'accroche et trouve son salut en avril. Un but en finale de la Coupe de la Ligue contre Vannes (4-0), suivi quatre jours après d'une reprise de volée gagnante à Rennes (3-2), le lance définitivement après huit mois passés à se morfondre.

"C'est vrai que c'est long, analyse-t-il. Je voyais que cela ne me souriait pas, je n'arrivais à rien sur le terrain. Là, je me suis remis la tête à l'endroit".