Les égalisations en fin de match contre les Espagnols de Valence en Europa League, puis contre Lens (1-1), ont démontré que les Lillois avaient retrouvé leurs qualités mentales, à défaut d'avoir convaincu sur le plan du jeu, avant de recevoir Nice, dimanche lors de la 7e journée de L1.
"On a une réputation de chiens, on est les Dogues, et c'est ce qu'il ne faut surtout pas perdre. On sait très bien qu'on était craint parce que nous sommes des 'lâche-rien'. On l'a perdue. J'aimerais qu'on la retrouve", a assuré le défenseur Adil Rami, auteur de l'égalisation contre le voisin lensois.
Depuis le début de saison, les Nordistes ont beaucoup souffert du manque de percussion. S'ils ont parfois développé de jolis mouvements, s'ils ont souvent monopolisé le ballon, s'ils se sont procuré des occasions, ils n'ont pas pu compter sur un véritable attaquant pour finir le travail.
Sans Tulio De Melo, blessé à nouveau, Robert Vittek, physique et pivot intéressant mais maladroit, Aubameyang, en manque d'expérience, ou Frau, malgré son but victorieux devant Sochaux (1-0), Rudi Garcia cherche toujours la solution idéale.
Ce mal n'est pas nouveau. La saison passée, Garcia avait refusé de trouver le remède et préféré contourner le syndrome de l'absence d'un vrai buteur grâce à l'efficacité de Bastos. Mais le Brésilien parti, Lille semble souffrir vivement de sa "Bastos-dépendance"...
Une cure de mots
En revanche, l'incapacité des Lillois à réagir quand ils sont menés - ce que les défaites contre Lorient (1-2), Marseille (1-0) ou Paris (3-0), voire le nul contre Toulouse (1-1), ont mis en exergue -, est en voie de guérison. Lille a, semble-t-il, retrouvé une âme. "On a affiché un vrai état d'esprit", souligne Garcia.
La claque reçue au Parc des Princes a servi d'électrochoc. Elle a permis aux joueurs de se parler. Dans le secret des vestiaires, au centre d'entraînement du Domaine de Luchin, à Camphin-en-Pévèle (banlieue de Lille), des vérités ont été dites. Une cure de mots pour cicatriser les maux.
Dès avant le derby, selon plusieurs joueurs, ces discussions ont fait évoluer les mentalités. "Il y a une nouvelle dynamique", avait affirmé Stéphane Dumont. "On s'est rappelé qu'on était un groupe grâce aux choses que nous nous sommes dites", avait renchéri Pierre-Emerick Aubameyang.
Garcia, qui voudrait que les Dogues lâchent leur laisse sur le terrain, a en tout cas tapé du poing sur la table dans les vestiaires après le match contre le Paris SG. Et le capitaine Rio Mavuba est monté en première ligne lorsqu'il a dénoncé, avant la réception de Sochaux, l'ambiance existant dans le groupe.
Tout n'est pas encore réglé. En terme de points, Lille n'avance pour l'instant qu'à la vitesse d'un escargot (15e, 5 points). Et dans le jeu - sans prendre en compte l'efficacité -, l'équipe a bien des progrès à faire. Nul doute qu'une nouvelle plongée dans la noirceur de l'échec risquerait de remettre une muselière aux Dogues...
