En deuil après le décès de Brice Taton, leur supporteur agressé par des fans du Partizan Belgrade, les joueurs toulousains devront surmonter leur émotion face au FC Bruges, jeudi, une victoire leur permettant de prendre une option sur la qualification pour les 16e de finale de l'Europa League.

La tristesse devrait être à son comble au Stadium, deux jours après un drame qui a provoqué un choc dans la Ville Rose et sera forcément dans toutes les têtes au moment du coup d'envoi.

"C'est un coup très dur pour tout le monde, mais on est obligé d'avancer, de travailler, de se remettre en questions. C'est la vie qui continue malheureusement, a déclaré l'entraîneur Alain Casanova. On ne peut pas en faire abstraction car c'est quelqu'un qui appartenait à la famille et vous pouvez imaginer l'émotion que cette tragédie a suscitée".

"Le groupe va essayer de réagir au mieux et fera tout pour lui dédier cette victoire, car ramener trois points, c'est ce qu'il aurait voulu", a renchéri Pantxi Sirieix, le capitaine toulousain, qui, comme ses coéquipiers, portera un brassard noir en hommage au supporteur disparu.

Mais au-delà du contexte particulier de cette rencontre, le Téfécé jouera déjà une carte importante en vue du dénouement du groupe J, le succès inaugural sur la pelouse du Partizan Belgrade (3-2) plaçant le club en position de force. Une victoire face au FC Bruges, déjà défait à domicile par le Shaktar Donetsk (1-4), relèguerait les Belges à six points des Toulousains.

Roulement
Pour l'emporter, les Toulousains devront toutefois retrouver une efficacité offensive qui leur fait défaut en Ligue 1 avec seulement sept buts en huit matches.

D'autant que le meilleur buteur du dernier championnat, André-Pierre Gignac, muet depuis sept rencontres toutes compétitions confondues, devrait se retrouver sur le banc des remplaçants au profit de Xavier Pentecôte.

Le roulement effectué lors de la victoire à Belgrade ayant convaincu Alain Casanova, l'entraîneur toulousain devrait en effet faire à nouveau souffler les autres cadres de l'équipe, Didot, Braaten et Machado.

"C'est une équipe athlétique, on va essayer d'exploiter au maximum nos points forts pour les mettre en difficulté", se méfie Siriex.

De son côté, le club de la Venise du Nord, actuel 2e de son championnat, devra surtout soigner sa défense après onze buts encaissés en neuf rencontres.

"Mes joueurs ont pris la très mauvaise habitude de ne débuter leur match que lorsqu'ils sont menés au score", s'est plaint le nouvel entraîneur néerlandais du FC Bruges Adrie Koster.

Finaliste de la Coupe de l'UEFA en 1976 et de la Coupe des clubs champions en 1978, le FC Bruges est comme les autres ténors du football belge à la recherche de son passé.

Une histoire qu'Alain Casanova connaît suffisamment pour mettre en garde ses joueurs en leur demandant du "respect pour cette équipe, la deuxième plus prestigieuse du pays" après Anderlecht.