Après la défaite dimanche au Mans (3-0), l'entraîneur de Lens Jean-Guy Wallemme a reçu individuellement les joueurs puis organisé jeudi au centre technique à Avion, une discussion collective au cours de laquelle il a réclamé un "meilleur état d'esprit" et "du respect" entre les joueurs.
Vous avez réuni vos joueurs pendant plus de deux heures. Aviez-vous tant de choses à dire ?
Je ne vais pas exposer notre débat. Vous avez vu le match du Mans. J'ai dit que c'était une histoire d'hommes. Il faut que cela se règle entre hommes. J'avais eu des entretiens individuels auparavant. Et les choses qui ont été dites individuellement ont été mises en commun. Pour que chacun s'exprime, pour que chacun soit à l'écoute. C'est dans la communication qu'on règle les problèmes.
Quel a été votre message ?
Rassembler nos forces. Que l'état d'esprit en général nous amène les résultats et pas l'inverse. On ne doit pas attendre d'avoir des résultats pour avoir de la cohésion. Ca fait partie de la vie d'un groupe de remettre un fil conducteur.
Vous demandez à vos joueurs une remise en question. Mais vous êtes-vous demandé la même chose ?
Bien-sûr. Je ne peux demander des choses à des gens si je ne me l'applique pas à moi-même. On est aussi à l'écoute des joueurs même si on ne va pas répondre à toutes leurs doléances. L'entraîneur reste le patron et après on ne discute plus des choix qui sont faits. Les discussions font partie de la vie d'un groupe mais il ne faut pas qu'il y ait une remise en cause toutes les cinq minutes.
Qu'ont demandé les joueurs ?
Ils ont dit clairement que je devais être plus vigilant même si dans mon mode de fonctionnement je fais confiance à la personnalité des gens, du groupe. Il faut que je redevienne le patron. Ca me va bien. Il y a une demande d'exigence sur certains points mais aussi de souplesse.
Avez-vous une explication au fait que parfois votre équipe se liquéfie ?
Il faut du vrai respect. Qu'on soit amis n'est pas forcément l'objectif. Il n'y a pas forcément les meilleures affinités lorsqu'on est coéquipiers. Mais il y a une partie d'hypocrisie dans notre métier. On a besoin de l'autre. J'ai joué avec des joueurs que je n'appréciais pas. Mais sur le terrain, je travaillais pour lui et il travaillait pour moi. Il faut que chacun fasse un effort sur l'état d'esprit pour que les problèmes tactiques ou autres se règlent plus facilement.
Sans les renforts que vous souhaitiez, craignez-vous une saison encore plus difficile ?
La saison dernière (en L2) n'a pas été facile. On a la même équipe à part un ou deux joueurs. Il faut se mettre au niveau de la L1. Il y a des joueurs qui l'ont connue mais qui ont aussi connu la défaite. Il reste peut-être encore un traumatisme. Il faut que nous trouvions un équilibre. On est trop friable. Pour être performant, il faut retrouver l'osmose, l'union sacrée.
Que pensez-vous des Lyonnais ?
Ils ont fait une très belle performance mardi (4-0 contre Debrecen en Ligue des champions). Ils ont été très réalistes. Ils ont eu cette volonté de continuer à jouer. On voit que malgré des absences, l'équipe est très costaude. Il y a presque deux équipes dans son effectif.
Est-ce mission impossible pour Lens ?
Si c'était une mission impossible on resterait à la maison. La mission est déjà de retrouver nos forces pour que nous puissions rivaliser. On sait qu'il y a plus de talent en face. Mais on doit être nous-mêmes. On doit avoir le respect de l'organisation, mieux préparer nos matches. Je n'ai pas demandé de gagner contre Lyon. Bien-sûr on va jouer pour gagner. Mais ce qui va nous amener à être performant et gagner c'est de faire ce que l'on sait faire et d'être complices sur le terrain.
