En à peine deux mois de compétition, Michaël Ciani s'est naturellement imposé dans la défense centrale de Bordeaux grâce à des performances et un potentiel physique impressionnant qui n'avaient pourtant pas trouvé écho il y a cinq ans à Auxerre où les Girondins se rendent samedi.
Une carrière de footballeur se joue parfois à rien. Un détail, un coup de chance ou une rencontre qui peuvent soit vous anéantir soit vous pousser à rebondir.
Natif de la région parisienne, la trajectoire de Ciani a rarement été aussi linéaire que ces dernières saisons. Sur son CV, pas de centre de formation. Juste une place de titulaire à 18 ans au Racing 92 en CFA, puis un essai, jugé concluant avec le club belge de Charleroi (D1) où il s'engage en 2003.
L'expérience s'avère gagnante à plus d'un titre (18 matches, 1 but) et grâce à un courrier des dirigeants de Charleroi à la Fédération française, Ciani se trouve convoqué par Raymond Domenech, alors sélectionneur des Espoirs, pour disputer le Tournoi de Toulon 2004, qu'il remporte.
Repéré par Guy Roux, l'entraîneur d'Auxerre à l'époque, il rejoint l'Yonne pensant bien, à 20 ans, entrer enfin dans la cour des grands et découvrir la L1. C'est la désillusion.
"J'étais prêt à jouer mais ce n'est pas moi le coach, sourit-il aujourd'hui. Il n'a pas voulu me lancer. Il y avait une forte concurrence, beaucoup d'arrières centraux, ça ne s'est pas bien passé pour moi. Je ne remets pas ses choix en cause mais cela m'a permis d'avancer aussi et de m'endurcir".
"Petit bonhomme de chemin"
En guise de rebond, le massif défenseur (1,89 m, 88 kg) opte pour Sedan (L2), qu'il aide à remonter en L1 (37 matches, 3 buts). Dans les Ardennes, il séduit de nouveau les observateurs de l'élite.
C'est Lorient qui l'attire dans ses filets en lui donnant le temps de jeu et la possibilité de s'aguerrir l'espace de trois saisons pleines (98 matches, 5 buts) où ses qualités physiques impressionnent les plus grands clubs.
Durant l'intersaison, c'est Bordeaux, dépouillé de Souleymane Diawara parti à Marseille, qui ravit le colosse. Avec l'objectif clair et affiché par Laurent Blanc d'"en faire le nouveau Diawara".
Grâce à ses performances, la comparaison s'est arrêtée illico -"je fais du Ciani, pas du Diawara"- avec un tournant notable le 30 septembre où +l'élève+, unique buteur contre le Maccabi Haïfa en Ligue des champions, a surpassé +le maître+, exclu avec l'OM contre le Real Madrid. "Il a pris un carton rouge, moi je fais mon petit bonhomme de chemin".
Force tranquille, l'ancien Lorientais poursuit sa route, "ne se prend pas la tête" après la défaite à Saint-Etienne (3-1) mettant fin à près de 500 minutes d'invincibilité en L1. Il se félicite en revanche de la complémentarité qui s'est rapidement fait jour avec "Marc Planus, très bon joueur d'anticipation et de relance", selon lui.
Ses retrouvailles avec l'Abbé-Deschamps face à des Auxerrois en phase ascendante ne l'émeuvent pas plus que ça. "C'est sûr qu'ils (les Auxerrois) sont en forme mais on est devant eux, donc on peut dire qu'on est plus en forme qu'eux".
