Le début de saison hésitant de Marseille offre au milieu offensif Hatem Ben Arfa, appelé à la rescousse, une nouvelle occasion d'exposer son talent de joueur décisif, qu'il n'a jusqu'à présent démontré que par intermittence.
Sauf revirement de situation, Ben Arfa devrait ainsi enchaîner samedi à Nancy son 3e match consécutif comme titulaire, après ceux où il s'est montré à son avantage, passeur décisif devant Monaco (défaite 1-2, 8e journée) et buteur tout en slalom contre Nîmes (L2) en amical (2-1).
L'histoire marseillaise de l'ancien Lyonnais, 22 ans, ne change guère. Elle s'écrit tout en soubresauts, de matches flamboyants -pas cette saison- en retours dans l'oubli, à errer sur le terrain en quête de son talent.
Ce début d'exercice n'est pas aussi conquérant que celui de 2008-2009, où il avait été aligné d'entrée 8 fois en 12 matches par le coach Eric Gerets, inscrivant trois buts au passage, contre trois titularisations en 10 rencontres cette saison, sans aucun but à son actif.
Le changement d'entraîneur et d'hommes n'y est pas étranger. Sur le côté droit, Didier Deschamps, peu convaincu de ses premières prestations, lui préfère en effet rapidement Bakari Koné. A la peine physiquement, dans une période correspondant à celle du ramadan -"qu'il est le seul à avoir suivi à 100%", note Deschamps-, Ben Arfa ne peut exprimer ses qualités naturelles de perforation balle au pied. Et malgré l'entorse au genou de Koné, il perd sa place, que récupère progressivement Lucho Gonzalez, enfin de retour de blessure, mais aussi le polyvalent Fabrice Abriel arrivé de Lorient avec un temps d'avance physiquement.
Indéniable talent
Une nouvelle fenêtre de tir semble s'ouvrir aujourd'hui. Avec le repositionnement dans l'axe de Lucho -forfait samedi- et une forme retrouvée, Ben Arfa revient dans le bain.
"Je ne parlerai pas de renouveau, mais je me sens de mieux en mieux. Un footballeur est un être humain, il connaît des hauts et des bas. Là, je pense être dans une bonne spirale", explique aujourd'hui celui pour qui l'OM avait cassé sa tirelire à l'été 2008 (12 millions d'euros). Le jeune homme se dit au passage un peu las qu'on lui "pose toujours les mêmes questions", sur les attentes que suscite son indéniable talent...
Il se sent d'ailleurs la cible de "gens pas honnêtes dans les médias", qui auraient tendance "à faire tout un plat" de ce qui lui arrive. Une allusion à son absence à l'entraînement le 6 octobre, où il avait raté son avion de Tunis à Marseille, écopant de 10.000 euros d'amende. La faute "à une erreur informatique", assure-t-il.
Deschamps ne lui en tient pas rigueur outre mesure. Car sans solution définitive côté droit, il ne veut pas se priver du pouvoir de percussion du Franco-tunisien.
"Je sais qu'à tout moment, il peut gagner un match", dit-il, comme son prédécesseur Gerets. "Je sais aussi qu'il y a beaucoup d'attente et d'exigence le concernant. Mais il faut de la patience. Car il alterne des choses exceptionnelles avec des moments d'absence. Il a besoin de gagner en maturité", poursuit Deschamps, soulignant qu'il n'a rien à lui reprocher sur "l'attitude" et "le travail".
L'heure de Ben Arfa a donc sonné. Il pourrait combler le manque de folie dans l'animation offensive.
