Chouchou sous l'ère Eric Gerets, qui le surnommait "le Petit", Mathieu Valbuena ne faisait plus partie des plans de Didier Deschamps, mais a peut être rebattu les cartes de la concurrence en inscrivant le premier but contre Nancy (3-0) samedi pour sa première titularisation.

Ce but est important pour l'OM, qui a ensuite déroulé son jeu pour battre l'ASNL et tourner la page d'une série de trois defaites de rang toutes compétitions confondues.

Ce but est surtout important pour Valbuena (25 ans, 1,67m), dont les statistiques faisaient pitié jusqu'ici: avant le déplacement en Lorraine, Valbuena n'avait été que six fois remplaçants en 8 journées de L1 pour seulement 161 minutes de jeu (soit moins de deux matches entiers cumulés).

Lors des deux premières journées, le message de Deschamps était clair: il était entré pour les 12 dernières minutes de Grenoble-Marseille (0-2) et pour les 5 dernières de Marseille-Lille (1-0) à la Mosson (pour cause de match délocalisé).

Il était bien loin le temps des années dorées avec Gerets: 25 titularisations la saison écoulée (en 31 matches) et 18 en 2007-2008 (sur 27).

Deschamps ne l'avait toutefois pas pris en traître. Dès sa prise de fonction, le nouvel homme fort de l'OM lui avait exposé qu'il n'avait pas selon lui le profil idéal pour évoluer dans le schéma en 4-3-3 qu'il entendait privilégier à l'époque.

"Cela veut dire que je dois partir", en avait déduit en août l'ancien joueur de Libourne (National). "Il a trop fait d'efforts à l'OM pour devenir le remplaçant du remplaçant du titulaire. Il a donc de fortes chances de quitter l'OM", renchérissait à dix jours de la fin du mercato estival son agent Christophe Hutteau.

"Cela va mettre plus de concurrence"
L'Atletico Madrid, le Hertha Berlin, Stuttgart et Schalke 04, ainsi qu'un grand club anglais, auraient manifesté leur intérêt à l'époque. Le prix d'achat était alors fixé à environ 8 M EUR. Soit 100 fois plus que lors de son arrivée en 2006 en provenance de Libourne.

A la fin de l'été, Deschamps ne s'attardait pas publiquement sur son cas, lâchant seulement: "Il est là, il travaille, je n'ai rien à lui reprocher. Je ne remettrai jamais en cause ses qualités et je l'utilise lorsque c'est bien pour l'équipe. Ma position n'a pas évolué".

Mais finalement, après sa drôle d'entrée en jeu contre Bordeaux (0-0), le premier choc du championnat, le 29 août -entrée après la blessure de Koné à la 13e minute puis sortie en fin de match pour laisser place à Ben Arfa- il est resté.

Et les choses pourraient changer pour lui. A propos de sa titularisation et de son but samedi, Deschamps a commenté: "Cela va mettre plus de concurrence. Il y avait des absents mais je préfère avoir l'embarras du choix. Ceux qui ont joué ou sont rentrés ont prouvé qu'ils avaient leur mot à dire. Même s'il y a une hiérarchie en début de saison, elle peut changer."

Le match de Ligue des champions mercredi chez le modeste FC Zurich pourrait être une autre occasion à saisir pour lui.