Montpellier, armé d'une force de caractère et d'une défense stable, comme l'a montré sa victoire à domicile samedi face à Saint-Etienne (2-1), n'en finit plus de grimper les marches de la Ligue 1.

A la suite de ce premier vrai test à la Mosson, le club héraultais occupe la seconde place du championnat, à égalité de points avec le leader Lyon.

Et grâce à six succès lors des sept dernières rencontres, il réussit le plus beau départ d'un promu depuis l'instauration de la victoire à trois points (saison 94-95).

L'équipe de René Girard a parfaitement muselé Saint-Etienne, à l'animation offensive transfigurée depuis l'arrivée de ses recrues argentines : Bergessio et Fernandez.

A l'exception d'un penalty transformé par l'attaquant sud-américain, pour une faute inutile du capitaine Dzodic, Montpellier n'a concédé aucune occasion de but dans une rencontre équilibrée dans un premier temps.

Perturbée dans son jeu collectif en début de match, l'équipe de Girard s'est appuyée sur le triangle défensif formé du milieu récupérateur Romain Pitau et des deux arrières centraux Emir Spahic et Nenad Dzodic.

"Avec ces trois joueurs-là, on dispose d'une colonne vertébrale très solide qui stabilise l'équipe", confirme l'entraîneur adjoint Pascal Baills. "La constance de leurs performances sécurise tout le monde", ajoute-t-il.

Mis à part le naufrage au stade Vélodrome (4-2), ils n'ont jamais flotté depuis le début de saison.

Ils étalent un savoir-faire défensif, une autorité dans les duels et une intelligence dans le placement qui rassurent et guident leurs partenaires.

Devant Saint-Etienne, auteur de neuf buts lors des trois derniers matchs et ambitieux lors de la première demi-heure, ils n'ont jamais tangué. Ils ont maintenu le cap d'une équipe ballottée pour la première fois de la saison au milieu de terrain, consolidant les fondations du jeu avec sagesse et patience.

Détermination et orgueil
Arrivé à l'intersaison, l'ancien Sochalien Pitau s'impose comme le patron, le maître à penser d'une équipe inexpérimentée. "Par son intelligence collective, il évolue à un niveau qui surprend", précise d'ailleurs Pascal Baills.

L'axe central, formé du Serbe Dzodic et du Bosniaque Spahic, s'impose comme "l'une des meilleures paires de Ligue 1", selon le conseiller du président Nicollin, Michel Mézy.

Autour de ce trio à la tête solide, l'équipe de René Girard a démontré une fois encore sa détermination et son orgueil pour émerger après un début de rencontre laborieux.

"A l'image de Costa et Marveaux, cette équipe manifeste une profonde envie de réussir", témoigne Pascal Baills. Etouffé par un marquage étroit, le milieu de terrain argentin, à la grinta contagieuse, a inversé le cours du jeu en reprenant peu à peu la possession du ballon.

L'attaquant Karim Aït-Fana s'est de son côté métamorphosé après la pause pour inscrire le premier but et offrir plusieurs balles de but. "Même si nous avons souffert dans un premier temps, nous avons persévéré dans notre jeu. Devant Saint-Etienne, qui est une grosse cylindrée du championnat, nous avons été dans la continuité de notre début de saison où nous avons démontré une qualité de jeu quel que soit l'adversaire", apprécie l'international Espoir.

"A travers cette rencontre, nous avons répondu à l'attente. C'est la preuve que les succès obtenus jusque-là ne sont pas volés", a-t-il conclu.