Joris Marveaux, 27 ans, se révèle sur le tard en Ligue 1, qu'il découvre dans l'euphorie entourant le club de Montpellier, deuxième juste derrière Lyon avant le déplacement à Rennes, le club de son frère Sylvain, samedi lors de la 10e journée.

Le milieu de terrain se relève d'échecs répétés à Nantes, où il a été formé, et à Lorient, qui ne l'a pas gardé dans son effectif l'année de sa remontée (2006).

"Jouer en Ligue 1 n'est pas une revanche, mais un aboutissement, un plaisir. J'ai vite chassé ce sentiment dès la montée acquise, d'autant qu'elle a forgé un esprit très fort dans le groupe. J'avais hâte de découvrir, d'assouvir mon rêve de gosse", raconte le joueur.

Titulaire incontestable d'un milieu de terrain force motrice de Montpellier, et auteur de deux passes décisives, Joris Marveaux s'est adapté à la Ligue 1: "Non seulement, ce milieu moderne s'est vite acclimaté au plus haut niveau, mais tout comme Tino Costa, il donne le tempo", apprécie l'entraîneur René Girard.

Fils d'un père martiniquais, aide-soignant, et d'une mère bretonne, institutrice, Joris Marveaux fait ses classes à l'école de foot de Vannes.

Avant son jeune frère Sylvain, ex-international Espoirs formé à Rennes, il intègre le centre de formation de Nantes. "Les quatre ans au centre de formation n'ont pas été une grande réussite", se souvient-il.

Reconstruction
Marveaux rejoint Lorient et Christian Gourcuff, qui ne le conserve pas. "J'étais en colère, frustré de voir le club monter en Ligue 1 sans moi", rappelle t-il.

Le Breton repart de plus loin, du National. Il signe à Clermont, dirigé par Didier Ollé-Nicolle, l'actuel entraîneur niçois. "Ce joueur, qui a de la personnalité, a franchi un cap à Clermont pour devenir un vrai bon joueur de Ligue 1 à l'image de son début de saison", rappelle Ollé-Nicolle.

En Auvergne, il coule les fondations de sa reconstruction. Une montée en Ligue 2 dès sa première saison, une autre en Ligue 1 deux ans plus tard dès son arrivée à Montpellier, des premiers pas réussis au plus haut niveau: Joris Marveaux rattrape le temps perdu.

Mieux, il se familiarise au rôle plus offensif confié par son nouvel entraîneur. "Avec l'arrivée de Romain Pitau, j'occupe une position plus avancée. Malgré un début de saison intéressant, je ne suis pas pleinement satisfait. Je dois m'améliorer dans la finition", estime le milieu de terrain, jusque-là confiné dans un registre plus défensif.

"C'est un rôle qui lui va comme un gant, estime Girard. Joris allie les qualités physiques, techniques et tactiques. Avec son volume physique, sa puissance et sa frappe de balle, il doit être en mesure d'inscrire six ou sept buts".

A Rennes, "autre vrai test après le succès face à Saint-Etienne (2-1)", le Montpelliérain, auteur de trois buts l'an passé, espère briller face à son frère, qu'il affronte pour la seconde fois de sa carrière.

"C'est un match que nos parents attendent depuis longtemps, souligne Joris. Ce sera un clin d'oeil pour montrer que l'on a réussi à être pros. Les enjeux respectifs atténueront le poids des retrouvailles".