La parenthèse européenne à peine refermée mais loin d'être oubliée, Bordeaux (3e) s'est déjà reconcentré sur la Ligue 1 et la réception du Mans samedi, dans l'espoir de retrouver son rang abandonné après deux défaites consécutives.

Les puristes auront beau rappeler que ce succès (2-1) sur les Allemands fut acquis en supériorité numérique, il est toutefois le reflet d'une prise de conscience générale après un début de mois d'octobre inquiétant.

Quand on accumule les séries depuis le printemps, enchaîner deux défaites avant d'accueillir un grand d'Europe, même privé de son meilleur joueur, Franck Ribéry, n'est jamais de bon ton.

Mais Bordeaux a des vertus, une faculté à faire bloc, à se retrouver. Certes, ses joueurs offensifs n'ont toujours pas marqué, un mal récurrent depuis la mi-septembre, mais leur rôle, notamment dans le premier pressing, a pesé.

A cet égard, la performance de Marouane Chamakh, revenu au top après une période plus neutre due, selon Laurent Blanc, au ramadan, fut en tout point remarquable, avec deux penalties et une expulsion provoqués.

Le retour de Yoann Gourcuff, entaché par une +Panenka+ ratée, a apporté la cohésion dans le jeu et la clarté technique qui fuyaient récemment.

Le bloc défensif, montré du doigt pour ses écarts de rigueur à Auxerre (0-1), a cette fois servi de socle, laissant peu d'espaces et une seule situation dangereuse au Bayern (tête de Toni sur le poteau).

Plus besoin de long discours
C'est dire si "l'explication de texte" provoquée en début de semaine par Laurent Blanc a trouvé écho. "Les défaites vous aident beaucoup plus dans la progression collective d'une équipe que les victoires", appuie l'entraîneur.

Depuis des semaines, l'encadrement girondin attendait une telle production face à un adversaire de renom. Il en savait son groupe capable pour en avoir vu les prémices à Turin (1-1).

Alors qu'importe de gagner 2-1, 3-1 ou 4-1, l'important était de se retrouver, emmagasiner la confiance pour mieux repartir en L1.

"Après la bière, place aux rillettes", lance le défenseur Marc Planus. Pas toujours évidentes à digérer à la sortie d'un festin. "On avait eu des soucis l'an dernier pour les contenir, se souvient-il. A chaque fois que Le Mans vient, ils nous posent des problèmes. Il faudra être costaud et avoir le même talent que mercredi."

Physiquement, le match de mercredi a laissé beaucoup moins de traces que celui contre Haïfa (1-0) où les Girondins avaient énormément couru trois jours après la réception de Rennes (1-0). Blanc ne sera donc pas tenté, comme à Saint-Etienne (1-3), de remanier un groupe auquel il accorde sa confiance.

Psychologiquement, il n'y aura pas non plus besoin de long discours. Jeudi, en avouant qu'il "aimerait bien revenir à notre première place" Marc Planus a résumé le sentiment général, cette envie de retrouver ce rang qui sied aux Bordelais, après des mois où ils préféraient avancer dans l'ombre de Lyon ou Marseille.