Révélé au public français lors de sa longue escale à Paris qui le propulsa ensuite vers les plus grands clubs d'Europe, le rugueux défenseur argentin de Marseille Gabriel Heinze sera dimanche l'une des attractions médiatiques du choc OM-PSG.

Alors que les défenseurs n'atteignent pourtant que rarement à Paris le statut d'idole, le public du Parc des princes en avait paradoxalement fait l'un de ses chouchous entre 2001 et 2004.

Les esthètes du ballon ayant toujours eu besoin de gardes du corps, Heinze fut cet homme providentiel, au service des Ronaldinho, Okocha, Pauleta, Anelka, etc... Un défenseur hors pair qui ne ménagea guère son énergie pour établir sa réputation de dur au mal, de chien de garde, de teigneux de service.

Avant de filer à Manchester, l'Argentin trouva à Paris ce qu'il était venu chercher: un tremplin pour la gloire.

L'ancien joueur des Newell's Old Boys, club de Rosario, s'était mis le pied à l'étrier en Liga espagnole à Valladolid. C'est là que Luis Fernandez, alors coach du Paris SG à l'éternel tropisme espagnol, l'avait repéré.

"On avait unanimement flashé sur lui. Et je dois dire qu'il figure dans le Top 10 des joueurs que j'ai pu entraîner. Il ne craint personne, ne renonce jamais. C'est une pile électrique, toujours à 200%", se souvient aujourd'hui Fernandez.

Ascension fulgurante
Trois saisons plus tard, il remportait avec "MU" le trophée que le Paris SG avait manqué de 3 points en 2004, celui de champion national. Mais Paris lui avait permis un autre honneur, celui de revêtir le maillot de la sélection argentine.

C'est aussi pour cela qu'il quitta le Parc en affirmant que ce club resterait à jamais dans son coeur.

Le voici aujourd'hui paré du maillot du vieux rival marseillais! "Je suis persuadé que les supporteurs parisiens vont comprendre. A moi ensuite de me faire accepter ici", avait-il dit fin juillet après deux saison au Real Madrid.

"C'est le genre de chose qui lui passe au-dessus de la tête!", explique aujourd'hui Didier Deschamps, au nom de son joueur qui n'a pas souhaité s'exprimer.

Heinze s'était dit conquis par "le projet sportif" de l'OM, alors que Paris avait également tenté de le faire revenir, avant de se raviser pour laisser le jeune Sakho s'épanouir. A 31 ans, il n'a pas été insensible non plus au très gros salaire proposé par l'OM.

Sans être flamboyant mais toujours habité par la hargne, il présente pour l'instant un mini-bilan honnête. A l'image finalement d'une équipe en reconstruction. Et au sein de laquelle l'entraîneur Didier Deschamps, après l'avoir installé dans l'axe, l'a repositionné à gauche, au gré des méformes et absences des autres défenseurs.

Heinze a bien négocié son retour sur le côté mercredi en Ligue des champions à Zurich avec un fort joli but d'une reprise de volée et plusieurs interventions rassurantes. Moins rapide que Taiwo, Heinze pourrait cependant être rapidement de nouveau soumis à la concurrence du Nigérian sur ce flanc gauche.