Le +clasico+ de Ligue 1 entre Marseille et le Paris SG se jouera à armes inégales dimanche, entre un OM partiellement ragaillardi et relancé en Europe, et un Paris SG non seulement en retard sur ses ambitions mais aussi décimé par la grippe A et les blessures.
Aux dernières nouvelles samedi, le match aura bien lieu. Ainsi en a décidé la Ligue de football professionnel. Mais le spectre de l'annulation a plané, au vu de l'état sanitaire des troupes parisiennes, dont deux joueurs sont atteints du virus H1N1, vraisemblablement le défenseur central Mamadou Sakho et l'attaquant Ludovic Giuly. Soit deux titulaires indiscutables.
Une sacrée tuile supplémentaire pour la formation d'Antoine Kombouaré: elle s'ajoute à l'absence au long cours du buteur Guillaume Hoarau, victime d'une rupture du ligament du genou droit, et à celle du précieux Zoumana Camara dans l'axe. L'attaquant Mevlut Erding, absent depuis le 30 août en raison d'une blessure à l'épaule, aurait souhaité des circonstances plus détendues pour son retour...
Hoarau avait d'ailleurs été le bourreau de l'OM sur un doublé au Vélodrome la saison dernière dans un contexte quasi-similaire. Le PSG, déjà 9e, avait en effet fait chuter l'OM pour la première fois de la saison (2-4), lors de la 10e journée, déjà. Une place de leader attendait Marseille en cas de victoire...
Avec trois malheureux points cueillis lors de ses 5 derniers matches, Paris semble donc tout aussi peu favori que l'an dernier...
"C'est une période délicate, mais pas une crise. Ca ne sert à rien de dramatiser. Tout le monde voit cette crise, je vous rassure, elle n'a pas lieu", tempère pourtant le défenseur Sylvain Armand. Les supporteurs parisiens n'ont pas non plus renoncé: ils seront 2000 dimanche au stade, record battu. Le dispositif de sécurité sera du coup particulièrement renforcé.
"gros nuages"
Cela dit, le Vélodrome n'a d'ores et déjà plus rien d'une forteresse cette saison, puisque Monaco s'y est imposé brillamment lors de la 8e journée (2-1), tout comme le Milan AC en Ligue des champions.
Mais l'OM a depuis nettement redressé la barre même si la série noire de trois défaites à Valenciennes, au Real Madrid et devant Monaco a fait des dégats, notamment au point de vue comptable.
"Il pleuvait très fort sur nos têtes, il y avait de gros nuages!", résume le coach marseillais Didier Deschamps. Depuis, Nancy (0-3) et Zurich mercredi en Ligue des champions (0-1) ont fait les frais d'un OM à réaction, brillant en Lorraine, nettement plus poussif en Suisse.
Le chantier marseillais est évidemment toujours en cours et l'irrégularité demeure la marque de fabrique de cette équipe. Deschamps a cependant trouvé quelques motifs de satisfaction sur ces deux dernières sorties, notamment sur le comportement défensif de ses troupes: "le fil conducteur a été de faire les efforts ensemble, notre attitude lorsque nous n'avons pas le ballon".
Ancien coéquipier de Kombouaré à Nantes, Deschamps s'attache aussi à déminer la charge émotionnelle de ce match: "cela s'est pacifié. Si l'on jouait comme à l'époque cela risquerait de se finir à 8 contre 8!".
L'enjeu, pour lui, se situe au-delà du prestige immédiat. Il s'agit d'acquérir un minimum de certitudes dans le jeu, en actionnant un peu plus le ressort de la concurrence interne.
