Régulièrement prié par la presse de faire un premier bilan depuis son arrivée à Rennes, Frédéric Antonetti s'est bien volontiers plié au jeu mercredi, conviant les journalistes à une séance vidéo et d'analyse, où il a pu défendre son bilan tout en soignant son image.

C'est une promesse d'été que l'entraîneur de Rennes a honoré mercredi. "Le bilan, on le fera après dix matches, et je vous ferai même une séance vidéo", avait lancé le technicien peu de temps après son arrivée en Bretagne, mi-blagueur, mi-sérieux.

Depuis, après chaque match, les journalistes n'ont pas manqué de lui rappeler sa promesse, exigeant même souvent un bilan avant l'heure.

Alors, un brin agacé mais fidèle à sa promesse, Antonetti s'est exécuté.

Rendez-vous avait été pris en début d'après-midi mercredi à la Piverdière, le centre d'entraînement du Stade Rennais.

"On va rester simple"
Souriant, Antonetti salue les journalistes un à un, comme à son habitude. Il a apporté avec lui un petit dossier, d'où il extirpe quelques feuilles, avant de débuter ce rendez-vous, inédit pour lui comme pour les journalistes présents.

"On va rester simple", lance-t-il. Il rappelle les objectifs qui ont été fixés en début de saison: "faire au minimum aussi bien que les cinq dernières années" et "déranger la hiérarchie".

Il rappelle également les six points clés de la saison (confirmation des joueurs cadre, performance des autres joueurs, intégration de Marveaux et Gyan longtemps blessés l'an dernier, qualité du recrutement, éclosion des jeunes, et retour de Briand). Il en rajoute même un 7e, signe du temps qui passe: "Comment la concurrence va être vécue dans le futur".

Sur chacun de ces points, Antonetti va accepter de faire un premier bilan, mais sans aucunement se livrer. "Je ne voudrais pas que tous mes secrets se retrouvent dans les journaux..."

Les recrues ? Il ne faut "pas les juger avant six mois ou la fin de saison". Les jeunes ? Il y a la révélation Mvila, "oui, mais sera-t-il indispensable à la 38e journée ?". Et Pagis remplaçant ? "Il est victime d'un choix tactique".

"Mon image a changé"
Antonetti constate surtout qu'il manque au Stade Rennais "de 2 à 4 points". "Dans le jeu, nous sommes assez bien. Meilleur défense, c'est difficile de faire mieux. En attaque, nous sommes 7e mais ce n'est pas significatif car on a eu trois barres transversales et deux penalties oubliés. Ce qu'il faut, c'est être plus régulier dans la performance".

S'ensuit une une vidéo d'une demi-heure, regroupant toutes les actions offensives et défensives de Rennes depuis le début de la saison.

Au passage, il n'oublie pas de piquer son auditoire, trop prompt à ses yeux à encenser ou descendre tel joueur ou telle équipe, sans recul.

"Quand j'entends les commentaires de certains alors qu'ils n'ont vu qu'un résumé de la rencontre...", lance-t-il. "On voit bien que vous n'êtes pas entraîneur", répond-il à une autre question, mais avec le sourire, toujours.

Après le bilan sportif, voici le bilan personnel. "Ma venue à Rennes ne m'a pas rendu plus médiatique", estime-t-il. "Mais mon image a changé". Normal, à Rennes, le technicien colérique qui a fait le bonheur des sites de vidéo en partage sur internet semble appartenir à un passé révolu.

D'ailleurs, il n'a plus le même rapport avec la presse qu'à ses débuts. "Cela fait partie de mon boulot de venir, mais je refuse beaucoup de sollicitations, notamment les TV. Il faut savoir prendre du recul. En plus, maintenant, chaque entraîneur de L1 est plus connu que le maire de la ville en question. Moi, je ne suis pas un bon communicant", assure-t-il. Vraiment ?