L'entraîneur de Toulouse Alain Casanova vivra samedi, pour la 12e journée de L1, son 2e déplacement au stade Vélodrome de Marseille à la tête du TFC. Un stade et un OM dont il fut gardien remplaçant il y a presque 20 ans et qu'il n'a pas effacé de sa mémoire.

Alain Casanova a débarqué à Marseille en 1990 en provenance du Havre comme troisième gardien derrière Pascal Olmeta et Gaétan Huard.

Champion de France depuis deux ans, l'OM est alors à l'apogée de sa domination sur le football français. L'actuel entraîneur toulousain sera champion de France en 1991 et en 1992 en tant que numéro deux et sera sur le banc lors de la finale de la coupe d'Europe des clubs champions, perdue aux tirs aux buts face à l'Étoile Rouge de Belgrade en 1991.

Son passage à Marseille aura permis à Casanova d'inscrire les deux seules lignes figurant à son palmarès.

"L'OM de cette époque-là a marqué les esprits avec un effectif rempli d'internationaux, une grinta bien marquée et un président charismatique (Bernard Tapie, ndlr)", se souvient celui qui pendant deux ans subit les interminables séances de tir de Jean-Pierre Papin à la fin de chaque entraînement.

JPP s'en souviendra au moment de recevoir son Ballon d'Or France Football en 1991, le lui dédiant affectueusement.

"Je ne vais pas dire que c'est le club de mon coeur car je suis à Toulouse depuis bientôt quinze ans, mais on n'oublie pas l'OM. Jamais", résume Casanova.

"C'est ce jour-là que l'OM a perdu le titre"
Ce souvenir attendri n'est pas l'unique raison qui en début de saison a poussé le technicien toulousain à faire de l'OM son favori pour le titre. "Ils n'ont plus beaucoup le droit à l'erreur car la mayonnaise a mis un peu plus de temps à prendre que ce que je pensais, mais ils ont plus que jamais le potentiel pour être champion", estime-t-il, évoquant le club phocéen actuel 5e du championnat.

L'OM attend ce nouveau titre depuis 1992, quand Alain Casanova jouait encore à l'OM. Un titre qui se dessinait la saison dernière jusqu'à un certain 2 mai 2009, date du dernier Marseille-Toulouse.

"Franchement, je crois que c'est ce jour-là que Marseille a perdu le titre (Ndlr : 2-2, doublé de Gignac)", avoue-t-il avant de poursuivre: "Dans la semaine Gerets avait annoncé qu'il partait et ce nul marque le début de la chute."

Le rendez-vous de samedi
"Marseille a une force de frappe impressionnante qui allie puissance et talent, c'est aussi une équipe très forte à la récupération et très dangereuse sur coup de pied arrêtés", explique "Casa" quand on lui demande de présenter le duel de ce week-end. "Je ne sais pas si cette coupure imposée par le report du match face à Paris sera bénéfique pour nous car cela leur aura peut-être permis de recharger les batteries", ajoute l'entraîneur qui qualifie cette rencontre de "premier gros test, un moyen de s'étalonner".

Méfiant, l'ancien marseillais lance: "Quand on a vécu cette ferveur, on sait qu'elle peut donner des ailes".