Au quart du championnat, Marseille présente un bilan honorable: 5e à 5 points du leader Bordeaux, mais avec un match en moins, contre le Paris SG. Le chantier entrepris par l'entraîneur Didier Deschamps, qui vise le titre, demeure ouvert. Bilan d'étape de l'effectif à la veille de la réception de Toulouse.
Les satisfactions
Le milieu gauche Benoît Cheyrou est de loin le plus régulier dans la performance. A 28 ans, il joue à son meilleur niveau, prenant une part plus active que la saison dernière à l'animation offensive. Le gardien Steve Mandanda maintient aussi largement son rang: impeccable à Zurich en Ligue des champions, il s'est montré décisif à plusieurs reprises même lorsque sa défense l'a trahi. Pas forcément attendu à pareille fête, le milieu polyvalent Fabrice Abriel se révèle également précieux. Digne remplaçant de Lucho Gonzalez lors de la blessure de la vedette argentine, apprécié dans le groupe par sa convivialité, l'ex-Lorientais a imposé son volume de jeu sans rechigner à la tâche défensive. Meilleur buteur du club (6 réalisations) et intronisé capitaine, Mamadou Niang demeure lui aussi dans les hautes sphères, même s'il peine à concrétiser en Ligue des champions. Le milieu défensif Stéphane Mbia (recruté 12 millions d'euros à Rennes) s'avère également prometteur, dans son abattage et sa capacité à se projeter vers l'avant. A son poste l'autre recrue Edouard Cissé s'est globalement tiré d'affaire.
Peuvent mieux faire...
Le défenseur central Souleymane Diawara n'a pas retrouvé l'impact qu'il avait à Bordeaux. Une blessure aux ischio-jambiers l'a écarté du groupe depuis début octobre, mais il ne s'est pas toujours montré serein avant cela. Ses deux compères latéraux, Laurent Bonnart, sous la menace désormais de Charles Kaboré voire Garry Bocaly, et Taye Taiwo, à l'apport offensif notamment en dessous de leur potentiel, sont aussi en délicatesse. Gabriel Heinze ne s'est pas encore totalement imposé dans l'axe non plus. Il y alterne le bon et le moins bon, bien qu'irréprochable dans l'esprit. L'attaquant Brésilien Brandao continue certes son travail de sape, mais son manque de réalisme devant le but a coûté des points. Le Vélodrome attend évidemment plus de l'esthète Lucho. Sa préparation tronquée par une blessure grave a plombé son retour, fait de quelques fulgurances mais aussi d'absences. Grand nom du recrutement, Fernando Morientes, à la peine physiquement, affiche un terne bilan (1 but, pour seulement deux titularisations).
Les revenants, Valbuena, Hilton et Koné
Les deux premiers étaient donnés pour remplaçants au long cours... Sauf que les soucis récurrents de Deschamps à faire vivre son couloir droit (Ben Arfa trop inconstant, Lucho et Koné blessés) ont remis au goût du jour Valbuena, "taulier" sous l'ère Gerets, qui a saisi sa chance. De même pour Hilton, bénéficiant du rendement insuffisant de la charnière Diawara-Heinze pour refaire surface avec les honneurs. Longtemps blessé (entorse au genou), Koné est lui aussi de retour. Il a l'étoffe d'un titulaire pour Deschamps.
Le mystère Ben Arfa
L'ancien Lyonnais traverse une deuxième saison délicate. Alors qu'il avait annoncé qu'il allait "tout casser", il se retrouve la majeure partie du temps sur le banc. Son talent pur lui autorise évidemment d'autres perspectives. Il pensait se retrouver titulaire après son match contre Monaco et en amical à Nîmes, mais Deschamps en décida autrement. La faute à un entraînement manqué à cause d'un avion raté? Son entourage dément en tout cas un départ au mercato, répétant qu'il est à l'OM pour s'imposer.
