C'est une habitude: Marseille a encore laissé passé le train samedi au Vélodrome devant Toulouse, très regroupé mais pas timoré (1-1). De quoi interpeller avant la réception de Zurich mardi en Ligue des champions, dans un scénario probablement similaire.

La tuile Lucho
La vedette du mercato marseillais traverse décidément un sale début de saison. Privé de compétition depuis avril et une blessure à un genou à Porto, il savait en arrivant que sa reprise ne serait pas simple. Sa fracture à la clavicule fin juillet a reporté de 6 semaines ses grands débuts en L1. Depuis, à la recherche de son rythme de croisière et de l'alchimie technique avec ses partenaires, il alterne les hauts et les bas. Sa première demi-heure devant Toulouse samedi, sans être resplendissante, penchait plutôt vers le positif. Justesse de passes, frappes, disponibilité, volonté de se projeter vers l'avant: l'Argentin, en l'asbsence de surcroît de Cheyrou, était le patron du milieu. Un tacle de Nonkeu a stoppé net la partition. Bilan: entorse à la cheville droite et environ trois semaines d'arrêt. Un coup dur pour le joueur et pour Deschamps, qui va sans doute solliciter de nouveau Abriel. Mais dont on se souvient des propos au moment du premier retour du joueur: "L'OM sans Lucho, c'est un peu comme Bordeaux sans Gourcuff".

Des attaquants qui peinent
Même avec quatre attaquants face à une équipe réduite à 10, l'OM a tergiversé. Joueurs et dirigeants marseillais ont souligné d'une seule voix le nombre d'occasions obtenues. Ce ne fut pourtant pas une avalanche... Mais devant une équipe remarquablement soudée derrière, les attaquants ont vraiment péché dans les duels, la vivacité, et le manque de réalisme. "Il faut finir les occasions", a remarqué à juste titre le directeur sportif José Anigo. On croirait entendre le coach de la saison dernière, Eric Gerets, réclamant "un tueur" dans la surface. Certes buteur, le Brésilien Brandao a manqué de percussion, tout comme Niang, visiblement émoussé. Ben Arfa a fait... du Ben Arfa, gâchant ses envolées techniques par une absence de lucidité. Seul Koné, passeur décisif et menace récurrente, s'est vraiment montré à la hauteur. Il pourrait débuter mardi. L'impuissance des attaquants a d'autant plus sauté aux yeux samedi que les frappes lointaines ont fait défaut. Dans ce registre, l'absence de Cheyrou et la sortie prématurée de Lucho ont été préjudiciables.

Bocaly, une satisfaction
Il fallait bien que cela arrive un jour: conservé par l'OM alors que Montpellier, où il était en prêt l'année dernière, souhaitait le récupérer de nouveau, le jeune latéral droit Garry Bocaly a connu sa première titularisation. La baisse de régime évidente de Bonnart, et les performances de l'international espoirs à l'entraînement, ont conduit Deschamps à cette décision, d'autant que Bonnart sera suspendu mardi contre Zurich. A 21 ans, le défenseur martiniquais formé à l'OM a marqué des points. Agressivité, placement, participation au jeu offensif: il pourrait s'installer. "Je n'ai aucun doute sur son potentiel et je ne l'ai pas gardé dans le groupe pour qu'il fasse le nombre", expliquait début octobre Deschamps, globalement satisfait samedi soir.