Bordeaux, bien parti en Ligue des Champions (7 points pris en trois matches), peut se qualifier dès mardi pour les 8e de finale en cas de succès sur le terrain d'un Bayern Munich (3e, 4 pts) toujours diminué, comme il peut aussi perdre la main du groupe A en cas de revers.
Pour n'avoir pas su noyer définitivement les espoirs bavarois il y a deux semaines en ratant deux penalties par Gourcuff et Jussiê, les Girondins, bien que vainqueurs de ce premier round 2-1, se sont mis dans une drôle de situation.
Avec un écart plus grand, ils auraient pu aborder le voyage à l'Allianz Arena avec davantage de certitudes. Là, une défaite 1-0 ou avec une différence de deux buts, compliquerait assurément leur situation, le Bayern revenant à leur hauteur et reprenant du même coup la différence de buts particulière à son avantage au bénéfice du but marqué à l'extérieur.
Avec une victoire dans le même temps de la Juventus (2e, 5 pts) au Maccabi Haïfa (4e, 0 pt), il s'agirait du scénario le plus noir, celui redouté par des Bordelais ambitieux, souhaité par Louis Van Gaal et ses hommes, en manque d'identité et de cohésion que ce soit en Bundesliga ou dans le jeu.
Mais, à l'image de leur prestation livrée à Bordeaux, les Allemands ne sont plus aussi fringants et conquérants que par le passé. Et même si les hommes de Laurent Blanc se plaisent à leur attribuer toujours le costume de favoris du groupe au même titre qu'aux Turinois, la donne a bien changé depuis l'ouverture de la compétition.
Assumant enfin son statut après deux campagnes (2006 et 2008) où il a surtout appris, Bordeaux joue les trouble-fête depuis son nul ramené d'Italie (1-1) et peut légitiment croire en ses chances.
Munich en proie au doute
Porté par un collectif soudé et rodé, des qualités défensives revenues, une efficacité sur coups de pied arrêtés redoutée en L1, depuis peu en Europe (4 buts sur 4 inscrits de la sorte cette saison), le champion de France a franchi un palier.
Contre le Bayern, à l'aller, au sortir de quinze jours délicats où il avait flanché deux fois à Saint-Etienne et Auxerre, Bordeaux avait su faire bloc pour se relever d'un coup du sort initial -but de Ciani contre son camp-, faire front face à l'agressivité visiteuse, avant de revenir et de l'emporter devant des Allemands étrangement dépassés et réduits à neuf en fin de match.
Mardi, le Bayern pourra compter sur le retour de son feu-follet néerlandais Arjen Robben pour dynamiser son jeu mais devra une nouvelle fois se passer de Franck Ribéry, son arme maîtresse, touché au genou.
Les dégâts collatéraux de Chaban-Delmas le priveront aussi de son meneur Thomas Muller et de sa tour défensive Daniel Van Buyten, exclus en Gironde.
Munich en proie au doute et diminué, voilà le scénario idéal pour des Girondins au complet, décomplexés et en confiance après leurs récents succès sur Le Mans (3-0) et Monaco (1-0), qui possèdent les armes pour remporter cette quatrième levée, synonyme de qualification.
"On est dans un bon timing, confirme le président Jean-Louis Triaud. On a assuré des points à domicile, pris un point à l'extérieur. On sait qu'on peut les battre puisqu'on l'a déjà fait. On peut aller à Munich sérieux, appliqués, mais détendus et décontractés".
