Tombé dans un quasi-anonymat en même temps que l'AJ Auxerre, le milieu Benoît Pedretti revient aujourd'hui en première ligne grâce aux bons résultats de l'équipe icaunaise en Ligue 1, mais aussi pour avoir été la cible samedi de l'ire de Louis Nicollin.

Le président de Montpellier avait traité le capitaine auxerrois de "petite tarlouze" après lui avoir reproché "d'avoir tout commandé sur le terrain", auprès de l'arbitre.

"Celui-là, quand il viendra à la Mosson, on va s'en occuper", avait-il dit à l'encontre de Pedretti après la défaite de son équipe face à l'AJA (2-1), samedi au stade Abbé-Deschamps, un match au cours duquel le milieu argentin Tino Costa avait été exclu après un accrochage avec l'ancien Sochalien.

Depuis, les choses se sont calmées entre les deux hommes, Nicollin s'étant excusé dès le lendemain auprès de l'Auxerrois.

Ce dernier aurait sans doute préféré se retrouver sous les feux des projecteurs d'une autre manière. D'autant qu'il n'est pas étranger aux bonnes performances de l'AJA, 5e de la L1 et invaincu depuis huit matches de championnat (dont cinq victoires consécutives).

La saison dernière, l'entraîneur Jean Fernandez n'avait cessé de souligner que l'absence de Benoît Pedretti, souffrant d'une pubalgie, conjuguée à celle de l'attaquant polonais Ireneusz Jelen, avait beaucoup handicapé l'AJA au coeur de l'hiver, quand le club craignait pour son maintien.

C'était avant de réussir une bonne fin de championnat (8e) après le retour des deux hommes.

Sous la houlette de Fernandez, l'entraîneur qui l'avait lancé en professionnel à Sochaux dont il était la vedette, Pedretti, âgé aujourd'hui de 28 ans (22 sélections en équipe de France), trouve à Auxerre, où il a prolongé de deux ans son contrat en mai dernier, un club sans doute plus à sa dimension après des échecs cuisants à Marseille et à Lyon, où le maillot avait semblé trop grand.

Honni à l'OM, il ne s'était jamais imposé à l'OL, abonné au banc de touche à une époque où l'effectif lyonnais était plus puissant qu'il ne l'est actuellement, notamment au milieu avec des leaders de la trempe de Juninho, Mahamadou Diarra et Tiago.

Après un an à Marseille (2004-2005) puis à Lyon (2005-2006), le Franc-Comtois, deux buts cette saison, a retrouvé ses marques depuis quatre ans déjà, même si ses performances, critiquées parfois par les supporteurs auxerrois, n'ont pas toujours été au dessus de la moyenne.

Mais à l'abri du regard et de l'impatience des médias, Benoît Pedretti et Auxerre ont sans doute plus de temps pour trouver leurs marques au fil de la saison avec des garçons, qui pour certains d'entre eux, ont été recalés ailleurs et saisissent l'occasion de se relancer à l'AJA.

Comme l'avaient fait avant eux des joueurs tels que Laurent Blanc, Enzo Scifo, Alain Roche ou Peguy Luyindula.