Alors que le Brasileirão 2009 aborde la 34e de ses 38 journées, bien malin qui pourrait prédire son issue. En l'état actuel des choses, les supporters d'au moins cinq clubs ont encore des raisons concrètes de continuer à rêver au trophée le plus convoité du pays. Il semble en tout cas que depuis l'adoption du système de ligue en 2003, le championnat du Brésil s'est habitué à un nivellement des valeurs et à une profusion de candidats.

"C'est vrai que pour le moment, nous n'avons pas encore pu identifier l'Usain Bolt de cette course", plaisante Ricardo Gomes, l'entraîneur du São Paulo FC, triple champion du Brésil et de nouveau sur la liste des prétendants. "São Paulo a compris avant les autres comment négocier la nouvelle formule, comme en témoignent ses trois titres consécutifs. Mais maintenant, tous les clubs ont appris à se préparer pour la saison. C'est pour ça que le championnat est aussi disputé", affirme l'ancien entraîneur de l'AS Monaco, dont les protégés ont inauguré cette 34e journée mercredi par un nul 1:1 sur le terrain de Grêmio. Grâce à ce résultat, les São-Paulinos ont pris la tête du classement avec 59 points, contre 58 pour Palmeiras, 56 pour l'Atlético Mineiro, 54 pour Flamengo et 52 pour l'Internacional de Porto Alegre, ces quatre clubs jouant ce week-end.

Depuis l'avènement de la formule championnat, il est assez rare de voir une première partie de classement aussi resserrée dans les dernières encablures. L'an dernier, la situation était similaire à quelques journées de la fin, São Paulo, Grêmio, Cruzeiro, Palmeiras et Flamengo pouvant encore espérer le titre. Mais jusque-là, seuls deux scenarios prévalaient : une explication finale à deux - Santos et l'Atlético Paranaense en 2004 ; Corinthians et l'Internacional en 2005 - ou bien une échappée belle à la Usain Bolt, comme ce fut le cas avec Cruzeiro, champion en 2003 avec 13 longueurs d'avance sur le deuxième, et São Paulo en 2006 (9 points de marge) et 2007 (15).

Une lutte acharnée
Mais il semble révolu le temps où la messe était dite à plusieurs journées de la fin. S'il est un technicien qui connaît bien les tenants et aboutissants d'un Brasileirão disputé avec des matches aller et retour, c'est bien Muricy Ramalho. À la tête du São Paulo FC lors de ses trois titres consécutifs, entre 2006 et 2008, il a pris les rênes de Palmeiras lors de la 15ème journée, qui a vu le Verdão battre Fluminense et s'emparer de la pole position. Depuis, les Palmeirenses ont conservé leur fauteuil de leader au terme des 19 journées suivantes. Pas de quoi se considérer comme favoris pour autant.

"Celui qui veut être champion devra consentir beaucoup d'efforts. Quand nous avions cinq points d'avance et que tout le monde faisait de nous les favoris, je persistais à dire que tout se jouerait à la fin, rappelle Muricy. La lutte va être très acharnée, je n'en ai jamais douté."

La liste des scénarii possibles est interminable. Depuis le début du championnat, pas moins de 15 clubs ont fréquenté le "G4", le quatuor de tête qualifié pour la Copa Libertadores 2010. Inversement, ils sont 12, parmi lesquels São Paulo et Flamengo, à avoir connu le "Z4", comprenez la zone de relégation. "Je peux vous dire que le Brasileirão est le championnat le plus relevé du monde. En Italie ou en Angleterre, on sait que le leader va gagner la lanterne roune, mais au Brésil, on ne peut pas en être sûr", estime le sélectionneur national Dunga. Il est vrai qu'au cours de la phase retour, sur les huit confrontations entre équipes du G4 et du Z4, les supposés favoris ne se sont pas imposés une seule fois, concédant six défaites et deux nuls.

Compte tenu d'une telle incertitude, les supporters suivent en masse le destin de leurs clubs respectifs. "Aujourd'hui, il y a au moins cinq équipes qui se disputent le titre, plus trois ou quatre autres qui ont la possibilité de terminer dans le G4. Et ils sont six à se battre pour le maintien", analyse le Président de la fédération brésilienne de football (CBF), Ricardo Terra Teixeira. Jusqu'à la 33e journée, le championnat a engendré une affluence moyenne de 17 573 personnes, soit le record depuis l'avènement de la nouvelle formule. "C'est un championnat de très haut niveau qui engendre beaucoup d'intérêt. Cela prouve que nous avons bien fait de conserver cette formule", conclut Teixeira.

À cinq journées de la fin, les cinq candidats au titre abordent un sprint final décisif. Consultez le calendrier de chacun d'entre eux...

São Paulo (59 points)
04/11 - Grêmio 1:1 São Paulo
14/11 - Vitória (Domicile)
22/11 - Botafogo (Extérieur)
29/11 - Goiás (E)
06/12 - Sport (D)

Palmeiras (58)
08/11 - Fluminense (E)
11/11 - Sport (D)
22/11 - Grêmio (E)
29/11 - Atlético Mineiro (D)
06/12 - Botafogo (E)

Atlético Mineiro (56)
08/11 - Flamengo (D)
14/11 - Coritiba (E)
22/11 - Internacional (D)
29/11 - Palmeiras (E)
06/12 - Corinthians (D)

Flamengo (54)
08/11 - Atlético Mineiro (E)
15/11 - Náutico (E)
22/11 - Goiás (D)
29/11 - Corinthians (E)
06/12 - Grêmio (D)

Internacional (52)
08/11 - Barueri (E)
15/11 - Santos (D)
22/11 - Atlético Mineiro (E)
29/11 - Sport (E)
06/12 - Santo André (D)