Après la saison galère de la relégation avec Caen, Fahid Ben Khalfallah, milieu de terrain de Valenciennes, actuel sixième et meilleure attaque de L1, veut "aller voir au-dessus ce qui se passe", avant de recevoir Montpellier dimanche lors de la 13e journée.

Pour le Franco-Tunisien, pas question d'oublier que l'objectif du club est et "reste le maintien". Ni qu'en football "tout peut aller vite". "A Caen, on avait bien démarré et on était descendu. On avait une très belle équipe. On pratiquait du beau jeu, surtout les six premiers mois", rappelle-t-il.

Mais cette restriction ne doit pas empêcher VA d'afficher une "ambition légitime". "Honnêtement, nous les joueurs, on en parle entre nous. On a envie d'aller voir ce qu'il y a au-dessus. Quand on voit notre place, qu'on est la meilleure attaque, bien sûr, on se laisse prendre au jeu", affirme le néo-nordiste.

"On a eu de la réussite, c'est vrai, mais nos victoires sont méritées. On est allé les chercher. Tous les ans, des clubs arrivent à se mêler à la lutte pour les places européennes. On se dit pourquoi pas nous ?", ajoute cet enfant de la balle, dont le père ayant évolué en pro à Troyes (1974-1976).

Avec trois buts et trois passes décisives, Ben Khalfallah revit dans le Nord. Il a pourtant un peu douté de lui, craint d'être "un +poissard+" lorsque l'équipe nordiste a subi sa troisième défaite après trois journées de L1. Elle n'avait gagné aucune rencontre de préparation: "On s'était dit avec Rémi (Gomis, ex-Caen), ce n'est pas possible !"

Ambiance africaine
Pour le natif de Péronne, en Picardie, le choix du VAFC était une évidence. Plus que Saint-Etienne ou Lens qui s'étaient seulement renseignés. Il admire l'entraîneur Philippe Montanier, qui a fait grimper Boulogne du CFA à la L1 et lui rappelle Jean-Louis Garcia, le technicien angevin qui l'a "fait exploser".

"On a un ami commun (le manageur général d'Angers Olivier Pickeu) et Montanier m'a harcelé au téléphone", rigole-t-il. "On ne fait pas monter un club sans compétences", souligne-t-il.

"J'avais touché à mon rêve en L1 avec Caen. Je ne voulais pas repartir en L2. Je ne voulais pas avoir travaillé autant et rester en L2", poursuit le joueur, 27 ans, qui avait déjà vécu le traumatisme d'une descente en National avec Laval, où il était resté un an.

Un bonheur n'arrivant pas seul, Ben Khalfallah se voit l'été prochain en Afrique du Sud. Avec la Tunisie qu'il a choisie de rejoindre bien qu'il se sente autant français que tunisien.

"J'ai les deux cultures", clame-t-il, critiquant le débat sur l'identité nationale. "Il y a des sujets bien plus importants à discuter comme le chômage ou le logement", estime-t-il.

Leader du groupe B, la Tunisie est proche de son rêve. L'équipe d'Umberto Coelho se qualifiera à condition de gagner au Mozambique si le Nigeria s'impose au Kenya. "Une première Coupe du monde en Afrique, c'est grandiose. L'ambiance y sera comme nulle part ailleurs", se réjouit-il déjà.