Après une saison pleine de promesses, le jeune milieu Eden Hazard, pavé des meilleures intentions, est déterminé à progresser et à répondre enfin à toutes les attentes de Lille qui reçoit le champion Bordeaux, lors de la 13e journée de L1, dimanche au Stadium.
Depuis la reprise, tout est allé trop vite. La migration de Bastos à Lyon et les difficultés d'adaptation de Gervinho ont amené le LOSC à précipiter les événements. Et à 18 ans seulement, l'international belge a été promu meneur de jeu.
Ces responsabilités ont fait figure de révolution pour cet adolescent plutôt chouchouté jusque-là. Et qui pouvait laisser éclater librement son talent. Mais avec toute sa bonne volonté, Hazard ne pouvait pas passer du jour au lendemain de diamant brut à orfèvre sur le terrain.
Son but "à la Messi", il y a quinze jours contre le Genoa (3-0) en Europa League, a cependant démontré qu'Eden, un joyau brut, pouvait toujours trouver le firmament. "Parce qu'un enfant apporte un coin de paradis", disait son père Thierry. Et que ses dribbles sont toujours déroutants, ses crochets dévastateurs.
"C'était la 80e, les équipes étaient fatiguées. Robert (Vittek) et Gervinho ont fait un très bon appel. Ca me libère l'espace. Ca faisait trois à zéro. Tout le monde était content. Tant mieux", tempère le Belge qui avait passé en revue la défense italienne avant d'inscrire son troisième but européen.
"Eden peut être extraordinaire. Mais on lui en demande trop. Il manque aussi de maturité. Il faut le laisser grandir", constate son coéquipier Adil Rami, une sorte de mentor qui reconnaît lui hurler "souvent dessus" sur le terrain, notamment pour qu'il "revienne défendre".
"Monsieur Gourcuff"
"Oh! Il crie trop!", rigole le milieu de terrain avant d'admettre: "Adil a raison. Il faut me mettre quelques claques dans la gueule pour que j'avance. Ca passe par des joueurs qui ont plus d'expérience, qui sont plus vieux, quand je ne vais pas bien."
"J'ai montré ce que je savais faire l'année dernière. Je dois faire plus cette saison. Je dois travailler pour refaire ce que je faisais", estime le milieu de terrain, admirateur dans son adolescence de Zidane, Henry ou Robinho, et aujourd'hui de celui qu'il appelle avec respect "Monsieur (Yohan) Gourcuff".
"Je pense que Gourcuff est quelqu'un qui ramène les gens dans les stades. C'est grâce à des messieurs comme lui qu'on va voir des matches. J'aime bien le regarder jouer. Il se fait plaisir et donne du plaisir aux autres. Il a la tête sur les épaules", s'enthousiasme le jeune Belge.
Sans but ni passe décisive depuis la reprise en L1, Hazard peut profiter de la venue de Bordeaux pour démontrer qu'il peut à nouveau être décisif, a digéré son statut. Toutefois, si on lui donne le choix entre le but de la victoire et son permis de conduire, le Belge est prêt à laisser son coeur parler.
"Ah le permis! Il me le faut le permis. Même si je ne marque pas. La victoire contre Bordeaux serait mieux. Mais il me faut le permis! Je l'ai passé trois fois et je l'ai raté malheureusement trois fois. Je le repasse bientôt. A moi de faire le boulot."
Lille adorera s'il le fait aussi sur le terrain.
