Bordeaux reste en tête de la Ligue 1, mais sa défaite à Lille (2-0), la troisième de rang à l'extérieur, a semé le doute: les Girondins n'ont pas du tout affiché la même gnaque qu'en Ligue des champions et ont laissé voir des faiblesses techniques et surtout mentales inquiétantes.
"Je n'ai pas vu une équipe en excès de confiance, j'ai vu une équipe fébrile", reconnaissait l'entraîneur Laurent Blanc pour qui ses joueurs sont simplement passés "à travers" au Stadium Nord.
Le +Président+ a aussi eu des mots plus abrasifs. "On avait mis une équipe en place, un dispositif, un jeu. Apparemment, je n'ai pas dû employer la bonne langue, a-t-il dit. On avait décidé de passer par les côtés. On ne l'a pas fait."
Yoann Gourcuff, pivot de son gouvernement, n'a pas réussi grand chose contre le Losc et donne des signes d'essoufflement. Cédric Carrasso, étincelant à Munich en milieu de semaine (victoire 2-0), s'est troué sur le premier but lillois, relâchant une frappe pourtant pas trop méchante de Frau.
Tout se passe comme si les Girondins, champions de France, gardaient leurs forces pour la Ligue des champions, où ils ont réussi un exploit: se qualifier dès la 4e journée dans un groupe où figure le Bayern et une autre légende, la Juventus de Turin. "Ce n'était pas difficile d'avoir plus envie que Bordeaux", a lâché Blanc d'une litote.
Blanc: "Pas rassurant"
"C'est incompréhensible qu'on passe d'un niveau très élevé mardi à un niveau très faible dimanche. Je n'ai pas d'explication rationnelle à donner", a-t-il dit. "Ce n'est pas rassurant. Il y a quinze jours pour remédier à cela", quinze jours de trêve pour le barrage des Bleus contre l'Eire. Le Président devra travailler sans Gourcuff, Alou Diarra et Carrasso.
Il faudra notamment éviter les gestes suffisants comme celui de Ciani devant sa surface, un dribble derrière le talon qui s'est terminé en penalty pour Lille...
Le plus inquiétant est sans doute que Bordeaux a déjà donné des signes de faiblesses cette saison. A Saint-Etienne, où Blanc avait donné leur chance aux remplaçants après un match de C1 éreintant contre Haïfa (1-0), l'équipe s'était effondrée (3-1) et avait déjà alerté son entraîneur, moins enclin depuis à faire confiance aux +coiffeurs+.
Les Girondins ont également déjà laissé transparaître une certaine fébrilité. Au match aller contre le Bayern (victoire 2-1), ils étaient tenaillés par la peur de gagner en fin de match alors que tous les feux étaient au vert: les Munichois étaient privés de leurs deux meilleurs joueurs (Ribéry et Robben) et ont fini à neuf contre onze, mais les Bordelais ont raté deux penalties (Gourcuff péchant par gourmandise sur une +Panenka+) et ont tremblé jusqu'à la fin !
Leur prochain rendez-vous en championnat contre Valenciennes, à domicile où ils ont toujours gagné cette saison, doit leur permettre de reprendre le fil.
