Après avoir assuré le titre il y a trois semaines, Bunyodkor a bouclé la saison ouzbèke en s'imposant ce jeudi sur le terrain de Mash'al par la plus étroite des marges. Il s’agissait de sa 28e victoire d’une saison qui aura vu le club prendre nettement ses distances par rapport à ses 14 adversaires nationaux.

Depuis 2005, année de sa création, le club de Tachkent a su s’inviter très rapidement à la table des cinq meilleurs clubs d’Asie centrale. Après une seule année dans les championnats amateurs, l’équipe est montée en deuxième division, où il n’est resté qu’un an, le temps de remporter le championnat et de rejoindre l’élite ouzbèke. Dès sa première saison au sommet, il a terminé en deuxième position derrière l’indétrônable Pakhtakor.

Pas si indétrônable que ça, puisque c’est bien Bunyodkor qui a fait main basse sur l’Oliy League dès l’année suivante, en 2008. Ce titre lui a donné le droit de participer l’an dernier à la Ligue des champions de l’AFC, avec une étonnante demi-finale à la clé. Mis en confiance par ce succès retentissant, le jeune club a abordé cette saison avec l’envie de tout renverser sur son passage. Sa série d’invincibilité a d’ailleurs duré jusqu’au 4 octobre, jour du match nul 2:2 avec Olmaliq.

Dix jours plus tard, Bunyodkor a encore cédé deux points, cette fois face à Pakhtakor. Cependant, ce résultat ne faisait que retarder l’échéance, puisque l’équipe comptait 17 points d’avance sur son grand rival à 6 journées du terme. Le sacre a finalement eu lieu le 21 octobre, lorsque l’octuple champion Pakhtakor a concédé contre Metallurg un nul 1:1 qui mettait un terme à la course-poursuite.

Constellation de stars
Si l’on jette un coup d’œil, même rapide, à l’effectif de Bunyodkor, l’on comprend assez vite les raisons de cette fulgurante ascension. En pointe, on retrouve l’expérimenté international ouzbek Anvarjon Soliev aux côtés du Chilien Jose Villanueva. Et dans les cages, c’est Ignatiy Nesterov qui officie, lui qui a fait siennes les cages de l’équipe nationale.

Le principal pourvoyeur de passes décisives n’est autre que Server Djeparov, le Joueur AFC de l’année, soutenu par la star brésilienne Rivaldo. Sur le banc, c’est Luiz Felipe Scolari qui donne les consignes depuis le mois de juin dernier, dans le cadre d’une mission visant à infuser de nouvelles orientations tactiques à cet effectif pléthorique.

Si Bunyodkor a étonné autant d’observateurs, c’est à la fois par sa série d’invincibilité et par son efficacité dans les derniers mètres. Avec 85 buts, soit presque trois par match, le club est de loin le plus prolixe du championnat. Logiquement, c’est l’un de ces membres qui domine le classement des meilleurs buteurs : Rivaldo, avec 20 buts, suivi de Soliev avec 18.

Changement d’échelle
Mû par l’ambition de ses dirigeants, Bunyodkor cherche désormais à transposer son hégémonie sur le continent asiatique. Scolari a d’ailleurs été désigné avec l’objectif de réussir le doublé championnat - Ligue des champions, mais la prestation sur la scène continentale a permis au coach champion du monde de mesurer tout le chemin qu’il lui reste à parcourir.

Malgré leur bonne prestation d’ensemble pour leur deuxième Ligue des champions de l’AFC, assortie d’une élimination des géants iraniens de Persepolis en huitièmes, les joueurs de Bunyodkor ont chuté en quarts contre les Sud-Coréens de Pohang Steelers, futurs champions. En effet, après une victoire 3:1 à domicile, les Ouzbeks se sont inexplicablement effondrés au Pays du Matin calme, concédant une défaite 4:1 synonyme de fin de parcours.

"Je pense que mon équipe est encore jeune et qu’elle peut tirer les enseignements de cette défaite. Ceci peut nous aider dans les années à venir", a indiqué Scolari. "La prochaine Ligue des champions de l’AFC démarre en février et nous allons mettre en œuvre un plan qui nous permettra de bien préparer l’équipe".