Parfois héroïque lors de ses dernières prestations, le gardien camerounais de Valenciennes, Guy Roland Ndy Assembe, ambitionne de jouer le Mondial-2010 et sait qu'il peut s'en approcher s'il reste indomptable, samedi à Bordeaux lors de la 14e journée de L1.
La défense nordiste probablement remaniée en raison des blessures, l'efficacité des champions de France à domicile, notamment sur les coups de pied arrêtés: rien n'effraie ce solide gaillard de 23 ans. "Il ne faut pas s'inquiéter. On est solide. On a de la taille", assène-t-il.
Cette confiance est un peu la marque de fabrique de ce gardien, titulaire inattendu. Arrivé en août après la blessure de Nicolas Penneteau (genou), il ne devait être en effet que le remplaçant de Jean-Louis Lecat. "Je n'étais pas venu comme numéro un. J'avais dans l'esprit un turnover", admet-il.
Mais les circonstances ont été favorables à Ndy Assembe. Lecat n'a pas convaincu et, malgré un contexte difficile avec deux revers en ouverture de saison et la réception du PSG, il a saisi sa chance, avec quelques arrêts déterminants. Malgré la défaite (2-3), il n'a pas perdu son poste.
"Au départ, j'avais loupé des relances. C'était difficile, mais je n'ai pas paniqué", constate le gardien, dont les multiples interventions à Toulouse ont permis aux Nordistes de s'offrir un premier succès à l'extérieur en deux ans (1-0). "Mon match référence", estime le Camerounais.
Depuis, Assembé, né à Yaoundé et arrivé à l'âge de deux ans en France "pour des raisons personnelles" avec son oncle Jacques et sa tante Cécile, n'a fait que progresser. Et confirmé à Rennes (3-0) ou Saint-Etienne (2-0) le pressentiment de l'ex-gardien nantais David Marrault, qui l'avait repéré lorsqu'il avait 15 ans.
Téléphone
"J'ai commencé comme défenseur et à 14 ans, j'ai décidé de devenir gardien. Un jour, mon entraîneur m'a téléphoné. Je ne m'y attendais pas. Il m'a dit que Nantes voulait que je vienne faire un stage d'une semaine", se souvient cet ancien supporteur du... Paris SG à cause de George Weah.
"Après cet essai, on m'a dit +on te rappellera+", poursuit le gardien, à l'époque élève en Sport-Etudes. On le rappelle donc pour Pâques. Puis à nouveau pour un tournoi en juin en Bretagne: "Là, j'étais heureux. J'ai su que je rentrais au centre de formation".
La trajectoire de ce gardien, auquel Le Mans et Rennes s'intéressaient, est on ne peut plus classique. Moins de 15 ans, 17 ans... jusqu'à sa première apparition en L2, à Sedan, pour les dix dernières minutes d'un match à ne pas perdre (1-1). Et enfin en L1, la saison dernière, face à Valenciennes (2-0).
Ndy Assembe, qui avoue avoir réalisé son rêve de gamin, celui qu'il faisait à 5-6 ans, brûle désormais d'envie de porter les couleurs des Lions indomptables du Cameroun, où il va régulièrement voir sa famille, ses parents Paulin et Seraphine.
Pour la CAN ou le Mondial, "je pense qu'il (le sélectionneur) va jeter un oeil sur moi. Ce n'est pas interdit. Il faut que je fasse de bonnes performances. A commencer à Bordeaux", dit-il, souhaitant entendre un jour la voix de Paul Le Guen. Le bonheur, c'est parfois simple comme un coup de fil.
