Le leader Bordeaux, bien que freiné dernièrement par trois sorties de route à l'extérieur, ne se formalise pas du cycle de fin d'automne qui débute contre Valenciennes samedi, lors de la 14e journée de L1 de football, souhaitant simplement retrouver son rythme.

Au tiers du championnat, à neuf matches de la trêve des confiseurs, on est en droit de s'interroger sur les coups de moins bien enregistrés par le champion de France et candidat désigné à sa succession.

Faut-il les mettre sur le dos de la Ligue des Champions, grande consommatrice d'énergie, de pression et de motivation ? "Si on avait vraiment la bonne explication, on n'aurait perdu que le premier", soutient le milieu brésilien Fernando.

Le dernier, à Lille (0-2), qualifié de non-match "où il n'y avait rien, où les piles étaient vraiment très déchargées" selon l'entraîneur Laurent Blanc, Bordeaux ne l'a pas ruminé plus que ça durant la quinzaine en raison du classement.

Car il est un fait notable qui rassure le camp girondin: lors de chaque accroc, aucun autre prétendant n'a réussi à prendre la tangente. La dernière fois, c'est le nul irrationnel de Lyon contre Marseille (5-5) qui lui a permis de conserver un petit point d'avance.

Pour l'heure, mener de front les deux chantiers, dont l'un pourrait s'achever définitivement mercredi avec un succès sur la Juventus -Bordeaux terminerait alors premier de poule- n'a pas trop mal réussi aux hommes du +Président+.

Son cinquième triptyque hebdomadaire L1-C1-L1 (Valenciennes, Juventus, Nancy) s'annonce toutefois plutôt indécis. D'abord car Bordeaux a du mal à enchaîner après les coupures internationales -victoire poussive sur Grenoble (1-0), défaite à Auxerre (0-1).

Suprématie sans égal à domicile
Ensuite, car une partie de sa colonne vertébrale (Alou Diarra et Yoann Gourcuff) est rentrée émoussée, voire diminuée (adducteur pour le meneur breton) de la campagne irlandaise des Bleus.

Enfin, car son prochain visiteur, Valenciennes, n'est ni plus ni moins que la meilleure équipe à l'extérieur et aussi la meilleure attaque de L1.

"Elle est joueuse", reconnaît Blanc, qui rappelle que "si on a travaillé sur l'adversaire comme on en a l'habitude, en ce moment (ses) préoccupations sont beaucoup plus sur Bordeaux".

Fernando, sûrement titulaire samedi, note que s'"ils sont bien à l'extérieur avec Audel, Samassa et Pujol devant, nous, on est bien aussi à la maison". Bordeaux est même fort à domicile où sa suprématie n'a pas d'égal avec six victoires en six matches cette saison et surtout une série de 39 matches sans défaite depuis plus de deux ans.

S'il confirme samedi contre les Nordistes, il restera leader une semaine de plus, avec le désir avoué de mener sa barque dans ces eaux claires jusqu'à Noël.

Il pourra également se dire qu'en privilégiant durant la trêve "régénération, puis piqûre de rappel physique", fortifiées par un match amical offensivement rassurant face à Nantes (5-0), le champion de France s'est vraiment donné les moyens pour retrouver son rythme.

"Car on va en avoir besoin en décembre quand on va enchaîner les matches tous les trois jours", a souligné Blanc.