A défaut de briller offensivement comme dans le récent match d'antologie à Lyon (5-5), Marseille a retrouvé vendredi devant le Paris SG (1-0) des vertus défensives qui, combinées à une dimension athlétique confirmée, suffisent à son bonheur de retardataire au classement.

Ni les joueurs, ni les dirigeants marseillais n'ont fanfaronné après cette courte victoire dans le "clasico". Seuls affleuraient le sentiment du devoir accompli et le soulagement de retrouver un rang plus conforme aux ambitions de titre affichées en début de saison et de nouveau rappelées en milieu de semaine par le président Jean-Claude Dassier. Quatrième à trois points de Bordeaux, l'OM reste donc à l'affût.

Une nouvelle contre-performance à domicile aurait évidemment plombé l'atmosphère: avant la réception de Paris, la formation de Didier Deschamps ne comptait que 2 victoires en 5 matches (pour deux nuls et une défaite) dans sa présumée "forteresse" du Vélodrome.

L'OM doit une partie de son succès à l'insigne faiblesse offensive parisienne. L'entraîneur du PSG Antoine Kombouaré l'a reconnu franchement : "On avait certes à l'esprit de bien défendre, mais il faut ensuite être capable de se projeter vers l'avant. Or, ce soir, mes attaquants n'ont pas pesé...".

Gagner sans flamber
Loin d'être soumise à feu roulant, la défense marseillaise reconstitué comme au début de saison et où Taiwo a effectué un retour remarqué, n'en a pas moins livré un match sobre et appliqué, imposant sa présence physique à bon escient.

Pas sûr que cela suffise devant le potentiel d'attaque du Milan AC mercredi en Ligue des champions. Mais il n'y avait pas trace vendredi soir des erreurs individuelles qui ont régulièrement pollué les résultats de l'OM cette saison.

Cette efficacité défensive retrouvée tient aussi à la manière dont l'OM a laissé moins d'espace entre ses lignes -- autre péché-mignon local.

"Nous avons joué en bloc, très compact, solide dans l'impact", résume le milieu Benoît Cheyrou. La dimension athlétique de l'OM s'est aussi exprimée à plein au milieu de terrain, dont l'OM a largement gagné la bataille, sous la houlette d'un précieux Fabrice Abriel, à la vista de nouveau en évidence.

Usant au milieu, solide derrière, l'OM a connu une animation offensive nettement moins enlevée. Le duo Niang-Brandao, globalement bien tenu par la charnière parisienne, s'est surtout fait remarquer par son travail défensif. Savoir gagner sans flamber: l'OM a trop lâché de points dans des tentatives inconsidérées de braquage offensif qu'il ne s'en plaindra pas...