En crise comptable depuis septembre, le Paris SG, désormais 13e avec 16 points après sa défaite vendredi à Marseille (1-0) et sous la menace d'un environnement sensible, risque également une crise sportive tant son jeu se délite un peu plus journée après journée.

"J'espère qu'il n'y a pas de crise", a timidement tenté de dédramatiser Sessegnon, finalement aussi transparent dans l'axe qu'à gauche. "Il ne faut pas le faire croire. Mais c'est vrai qu'on traverse une mauvaise passe".

Pour la première fois de la saison, celle-ci a d'ailleurs conduit le PSG, qui n'a gagné qu'un de ses huit derniers matches, a un deuxième revers de rang après celui contre Nice au Parc.

Pourtant, le plus inquiétant, malgré le contexte particulier contre l'OM et le discours musclé de motivation employé dans la semaine, c'est justement le peu d'envie que les joueurs ont affiché et le contenu insipide de leur prestation.

Violemment fustigé après Nice par Kombouaré, qui a haussé la voix à la mi-temps, le groupe s'est est tiré à l'issue du match grâce au contrôle anti-dopage de six des siens.

"On se perd collectivement"
Le retour dans l'avion s'est ainsi passé dans une ambiance glaciale, selon un membre du club.

Alors qu'un décrassage était initialement prévu samedi matin, les joueurs ont finalement obtenu deux jours de repos avant la reprise lundi. Ils ne devraient pas échapper à un "débriefing animé", comme le prévoyait Jallet à l'issue de la rencontre.

Cela leur permettra de ressasser leurs insuffisances, cela laissera le temps à Kombouaré de peaufiner son intervention... et accessoirement cela évite d'exposer le Camp des Loges aux premiers courroux des supporteurs, frustrés par ces sempiternelles crises automnales.

"Depuis quelque temps, on se perd collectivement et on manque cruellement de puissance athlétique. Ca commence à gamberger", stigmatise-t-on au club.

Si le retour de Camara a semblé bénéfique au comportement de l'axe de la défense à Marseille, l'animation offensive est en chute libre.

Dans ce système en 4-2-3-1 (4-4-1-1 en phase défensive), certains joueurs, à l'image de Luyindula ou Sessegnon, semblent perdus. Et surtout Erding, qui ne peut pas tout faire, est atrocement seul devant.

 

Désappointement
En l'absence de véritable gaucher depuis le départ de Rothen et du grand Hoarau en pointe, pourquoi donc s'obstiner à mettre des joueurs de couloir qui centrent pour des attaquants de taille modeste ?

D'autant que les choix de Kombouaré commencent à faire grincer des dents.

Remplacés par Camara et Jallet, une décision plutôt logique vues leurs dernières prestations, Traoré et Giuly ont manifesté à Marseille un désappointement visible.

"Il n'y a pas eu d'esclandre, mais ça se voyait et il va falloir gérer ça", confirme une source au club.

Immanquablement, le club devra aussi composer avec le tempérament explosif de ses supporteurs qui ont pris la sale habitude de secouer leurs joueurs quand les résultats baissent.

Dans un premier temps, l'actionnaire Colony Capital et son représentant Sébastien Bazin, soupçonnés de ne pas avoir assez investi pour aligner une équipe capable d'atteindre la 5e place, l'objectif officiel, risquent bien d'être les premiers visés.

Quant au président Leproux, il semble plus à l'abri grâce à une habile communication à leur égard.

Vendredi, il a ainsi fait le déplacement à Marseille dans le train spécialement affrété et est allé à la rencontre des supporteurs avec son état-major.

Il n'a quand même pas poussé le vice jusqu'à faire aussi le retour avec eux.