Les Lyonnais, accrochés samedi à Grenoble par la lanterne rouge de la Ligue 1 (1-1), sont encore incapables de répondre avec constance à l'enchaînement des matches et des compétitions, et suscitent des interrogations à trois jours d'un match de Ligue des Champions.
La fatigue des nombreux internationaux, après la semaine de coupe du Monde, explique peut-être le match décevant au Stade des Alpes. En tous cas, "ce point pris par Grenoble est amplement mérité et l'OL n'a sûrement pas fait ce qu'il fallait pour gagner. C'est un retour de trêve internationale difficile pour nous", a reconnu l'entraîneur Claude Puel, agacé par une situation se renouvelant un peu trop souvent pour un prétendant au titre.
Lyon, à la peine défensivement (12 buts encaissés sur les 4 dernières journées), vient d'ailleurs de manquer deux fois de suite de prendre seul la tête du classement, en ne profitant pas des contre-performances de Bordeaux.
Poussif après les trêves internationales, l'Olympique lyonnais a aussi des difficultés à enchaîner après un rendez-vous européen, démontrant le manque de maturité des joueurs actuels qui ne sont pas encore taillés pour le haut niveau.
Equipe scindée en deux
Dès après le résultat nul concédé face à Marseille (5-5), les internationaux se sont en effet dispersés, et l'OL s'est entraîné avec un groupe réduit à moins d'une dizaine de joueurs. A chacune de ces périodes, l'OL, comme tous les grands clubs, est dans l'incapacité de travailler collectivement.
L'équipe est scindée en deux, entre ceux qui n'ont pu se préparer qu'individuellement et les autres partis disputer un ou deux matches en sélections et revenant, fatigués physiquement et moralement, parfois après un long périple selon les continents où ils ont joué.
Et ce n'est pas la première fois, ni cette saison, ni celle d'avant.
En août, l'OL avait été bien chanceux de terminer la première demi-heure à 0-0 devant Auxerre, aujourd'hui leader, avant de s'imposer 3-0 et de partir à Anderlecht l'esprit libéré pour valider sa qualification en Ligue des Champions.
En septembre, avant de recevoir la Fiorentina (1-0), les Lyonnais, là aussi disséminés durant dix jours, avaient également été heureux de l'emporter (1-0) par un but de Michel Bastos sur Lorient qui méritait mieux qu'une défaite.
Plus récemment, en octobre, les Rhodaniens ont concédé leur première défaite contre Sochaux à Gerland (2-0) dans des conditions similaires mais s'étaient repris trois jours plus tard pour gagner à Liverpool (2-1).
Face à Grenoble, l'OL a été incapable de mettre du rythme et n'a pu tenir le score alors qu'il menait 1-0.
Les absences de Jérémy Toulalan, blessé, et celles au coup d'envoi de Michel Bastos, Bafétimbi Gomis et Miralem Pjanic, remplaçants, ne constituent pas une excuse face à un adversaire modeste comme le GF38, réduit à dix après l'exclusion de Laurent Courtois à la 70e minute et qui a pris seulement son second point de la saison.
"Ce soir, nous n'étions pas prêts", a reconnu le défenseur Cris qui s'attend "à un match physique mardi face à la Fiorentina".
Lyon, déjà qualifié pour les 8es de finale de la Ligue des Champions, a trois jours pour retrouver ses bases et briguer ainsi la première place de son groupe.
