Leader de la L1 pour la première fois depuis le 5 février 2003, Auxerre, victorieux samedi de Monaco (2-0), fait un pied de nez au football français mais doit surtout son rang à la stabilité de son effectif et aux qualités de fédérateur de son expérimenté entraîneur Jean Fernandez.

"Ce soir, on ne parle pas de maintien", sourit ce dernier, froissant quelque peu la tradition du club icaunais, qui affiche habituellement une ambition mesurée tant que la barre des quarante points n'est pas atteinte. L'AJA en compte déjà 26.

"Nous continuons à prendre des points et nous avons les moyens de nous classer parmi les dix premiers", dit de nouveau Fernandez, fidèle au discours tenu depuis plusieurs semaines et qui sait que la réussite actuelle est maximale.

Agé de 55 ans, arrivé en juin 2006 et parfois l'objet de vives critiques durant ses deux premières saisons, celui-ci a su redonner confiance à plusieurs joueurs dont on ne voulait plus ailleurs, à l'image du capitaine Benoît Pedretti, marqué par deux échecs à Marseille et Lyon après avoir justement été lancé dans le grand bain par Fernandez à Sochaux.

Deux produits maison
L'histoire de Daniel Nicuale, muet pendant un an et demi avant d'ouvrir son compteur contre Nice alors que l'AJA était dernière, est aussi symptomatique de l'état d'esprit du cru.

Jean Fernandez a su créer un esprit collectif au sein de son effectif, n'a jamais cessé de l'encourager... et de le préserver depuis deux ans, malgré le départ du meneur de jeu danois Thomas Kahlenberg à Wolfsburg (1re div. allemande) cet été.

Le Roumain de 27 ans est samedi à l'origine du second but marqué par le milieu Delvin Ndinga, 21 ans, jeune prometteur issu d'un centre de formation en quête d'un nouveau souffle après avoir révélé des pépites à la pelle.

Car avec Jean-Pascal Mignot, ils n'étaient que deux "produits maison" à figurer dans le onze de départ samedi, un constat qui perdure depuis plusieurs années déjà.

Si la position de leader d'Auxerre peut surprendre, voir l'équipe bourguignonne logée dans le peloton de tête l'est beaucoup moins, même si ses joueurs sont peu médiatiques et si le budget estimé à 30 millions d'euros est l'un des plus modestes de L1.

Guy Roux évoqué au CA
A l'abri de la pression des résultats, ces derniers peuvent suivre le commandement premier d'un club qui vénère la discrétion: "Pour vivre bien, vivons cachés".

Aucun n'imagine évidemment voir l'AJA à cette place au soir de la 38e journée, mais le club doit se douter avoir les moyens de se glisser dans le 2e peloton.

8e la saison dernière après avoir été 17e au soir de la 22e journée et une remontée fantastique (11 victoires lors des seize derniers matches), les Bourguignons restent sur la lancée de leur début d'année 2009 avec une invincibilité désormais portée à dix matches de rang (dont sept victoires d'affilée).

"Si nos résultats sont bons, c'est aussi que nous avons des joueurs expérimentés qui se connaissent bien", souligne de son côté Fernandez, rappelant qu'outre Monaco (4e), Bordeaux (2e) et Montpellier (8e) figurent au tableau de chasse de l'AJ Auxerre.

Mais dès mardi, l'actualité de l'AJA glissera du terrain à la coulisse avec une élection au conseil d'administration de la Société anonyme (SAOS) qui gère le secteur professionnel. Le retour, comme administrateur, de Guy Roux, emblématique entraîneur du club durant 44 ans, est notamment évoqué.

Auxerre ira ensuite étrenner samedi son maillot jaune à Paris, dans un stade où il s'est imposé à deux reprises lors de ses trois dernières visites.