Bordeaux, orphelin de sa colonne vertébrale, sans imagination offensive ni réussite, a baissé pavillon samedi contre Valenciennes (0-1) pour la première fois à domicile depuis plus de deux ans, confirmant un coup de moins bien automnal en Ligue 1 qui dure et intrigue.

Ce fut donc "un soir sans" comme l'a résumé le défenseur et capitaine d'un jour Marc Planus. Un soir à ne pas mettre dehors un leader en mal de confiance, privé initialement de ses tauliers Alou Diarra (lessivé par la campagne des Bleus) et Yoann Gourcuff (adducteurs), puis rapidement de Marouane Chamakh, son arme offensive numéro un, touché à la hanche après quelques minutes.

Qui plus est face à la meilleure attaque et meilleure équipe à l'extérieur de L1, réaliste et joueuse pendant 10 minutes, hyper-défensive les 80 minutes suivantes telle "la muraille de Chine", décrit par Planus.

Statistiquement, les lendemains de trêve internationale ont souvent été délicats à gérer pour les hommes de Laurent Blanc. Depuis deux mois, les entames de match le sont tout autant, pestait samedi l'entraîneur.

En gros, quelque chose ne tourne plus vraiment très rond pour les champions de France, séduisants en Ligue des champions où ils sont d'ores et déjà qualifiés pour le tour suivant, mais sans fond de jeu en L1. Et ce quatrième revers en six matches laisse songeur sur deux points en particulier:

Pas de plan B
Plus ou moins épargnés par les absences ces derniers mois, les Girondins n'ont pas su répondre à celles cumulées de Diarra, Gourcuff puis Chamakh, leur épine dorsale inspiratrice.

Dès qu'ils ont été menés (but de Samassa à la 7e), ils ont cherché à percer le verrou nordiste composé au fil des minutes "de sept, huit, neuf, puis dix joueurs", selon la comptabilité de Blanc.

Mais faute d'exploits individuels, de contournements par les côtés et de frappes lointaines précises, ils ont failli, laissant l'image d'une formation certes dominatrice, mais tournant autour du pot sans jamais trouver le déséquilibre dans l'entonnoir adverse.

"Bordeaux est meilleur avec ses meilleurs joueurs", admettait Blanc, sans pour autant tirer sur ses joueurs alignés samedi qui "n'ont pas été mauvais" mais "n'ont pas eu de réussite et ont été maladroits".

Attaque en berne
Hormis Yoan Gouffran, le plus actif et percutant, auteur d'une frappe déviée par Ndy Assembé sur la transversale, et Wendel, aux six tentatives soit stoppées, soit juste à côté, le secteur offensif n'a pas désarçonné l'arrière-garde nordiste, pourtant expérimentale avec le seul Abardonado comme référence de métier en raison des absences de Schmitz, Baldé et Bisevac.

Cavenaghi, muet depuis février, s'est perdu entre les lignes, Bellion n'a pas pesé et a manqué la balle d'égalisation en fin de match.

Sans parler des hommes censés faire oublier Gourcuff à la manoeuvre, qui ont alterné déchet technique et manque de fluidité, d'inspiration ou de justesse.

"Si on ne travaille pas plus sur le terrain, on sera en difficulté contre les équipes regroupées. Les espaces sont très petits. Il faut être adroit techniquement et, comme on ne l'est pas, ça fait un match médiocre, analysait Planus. Mais il n'y a pas de conclusion hâtive à tirer de ce match". Pour l'heure sans doute.