Pendant presque deux ans jour pour jour, chaque voyage de Valenciennes a ressemblé à un chemin de croix avant que, le 30 août, un succès à Toulouse (0-1), lors de la 4e journée de L1, ouvre des horizons inconnus à l'équipe nordiste devenue depuis une vraie terreur pour ses hôtes.

Sochaux (2-5), Saint-Etienne (0-2), Rennes (0-3) et enfin samedi Bordeaux (0-1), qui ne s'était plus incliné à Chaban-Delmas depuis 39 matches, ont donc subi le même sort que le TFC de la part de l'inattendue meilleure équipe à l'extérieur du championnat qui y a pris 15 points (contre 8 à domicile).

Avec Lyon (2e journée, 1-0), lorsque Valenciennes n'avait pas encore été "initié" aux joies du voyage, les Niçois (8e journée) ont été les seuls à échapper à la sanction (3-2). Mais c'étaient dans des conditions qui restent encore un peu en travers de la gorge des Nordistes qui avaient mené (2-0) avant de s'incliner en quelques minutes après des buts contestés.

"On sera les premiers à gagner à Bordeaux", avait plaisanté l'entraîneur Philippe Montanier. En fait, le technicien nordiste était essentiellement inquiet de la capacité d'une défense "bricolée", car privée de ses cadres Baldé, Bisevac et Schmitz, à tenir devant "l'une des plus fortes équipes d'Europe".

Le passage à cinq défenseurs pour pallier les absences et le manque d'expérience s'est avéré une bonne solution. A laquelle, il faut ajouter les interventions du banni de Nantes, Ndy-Assembe. Le remplaçant de Penneteau (blessé au genou) a une fois de plus multiplié les interventions.

Meilleure attaque
"Pour gagner, il faut pas mal d'ingrédients: un bon scénario, un bon gardien, être très généreux, très attentifs tactiquement et avoir un peu de réussite. Pour battre Bordeaux à Bordeaux, il faut tous ces ingrédients-là et on les a eus", a constaté l'entraîneur après le match.

En début de saison, rien ne prédestinait pourtant l'équipe nordiste à un si beau parcours. Les trois défaites lors des trois premières journées ne laissaient présager qu'une difficile lutte pour le maintien. Et le souvenir de deux ans sans victoire loin de Nungesser accréditait cette prédiction.

Et puis les hommes de Philippe Montanier sont allés s'imposer à Toulouse. Un succès fondateur même s'il a eu un peu l'allure d'un hold-up. Surtout il a offert de la confiance à un groupe qui s'était déjà un peu requinqué contre le PSG, malgré la défaite (2-3).

"On s'était rendu compte qu'on avait des arguments", se souvient Ben Khalfallah, un passeur décisif en Gironde prudent qui à l'image de toute l'équipe répète que l'objectif "reste le maintien". Cependant l'ambition n'est plus loin. "On veut voir ce qui se passe à l'étage du dessus", avoue-t-il.

"On espère les 42 points (a priori synonyme de maintien, ndlr). C'est encore loin. On est plus obnubilé par les points que le reste, comme faire de grosses performances. Après, le reste viendra tout seul. Mais on est surtout concentré sur le jeu, les résultats", tempère Montanier.

"Si on prend des points à domicile comme à l'extérieur, on peut faire un beau championnat", constate Samassa, leader avec cinq buts de la meilleure attaque du championnat (24 réalisations).

Symbole du Valenciennes de Kombouaré et néo-retraité, l'emblématique buteur maison Steve Savidan doit attendre avec impatience le prochain derby contre Lille, où VA reste sur deux revers.