S'enfonçant dans une crise qui ne dit pas encore son nom avant la réception d'Auxerre samedi, le Paris SG peut-il envisager une guérison rapide? Les blessures, son récurrent manque de hargne et les tâtonnements de l'entraîneur sont déjà des éléments de réponse.

. Blessures.
Le PSG n'a peut-être pas payé un plus lourd tribut que d'autres formations dans ce domaine mais, pour son malheur, les défections ont été ciblées. En attaque, Hoarau et Erding ont ainsi joué 19 petites minutes ensemble. Lors du match à Valenciennes, entre l'entrée de Hoarau (60e) et la sortie d'Erding (79e).

En défense, Camara a manqué plus des trois premiers mois de compétition avant de la retrouver vendredi à Marseille. En son absence, c'est le peu académique Traoré qui a tenté de boucher les trous d'une charnière centrale qui va mettre du temps pour se rassurer.

. Mental. Année après année, le mental des joueurs les empêche d'atteindre leur objectif officiel, la 5e place de L1 ou mieux. Kombouaré a beau axer son discours sur "la haine de la défaite", le besoin d'être des "guerriers", Makelele et Coupet ont beau avoir une expérience longue comme le bras, le reste du groupe ne donne pas l'impression d'avoir compris.

Et si les soufflantes du Calédonien, peut-être plus à l'aise avec les joueurs de Strasbourg et Valenciennes à l'ego moins hypertrophié et plus réceptifs, ont remplacé les classiques discours de motivation, le PSG a touché le fond à Marseille, là où il est inenvisageable pour les supporteurs de ne pas manifester un minimum d'envie.

Dans ce marasme, les prétendus leaders de jeu (Sessegnon) ou de vestiaire (Armand, Makelele, Coupet) font face à leurs propres défaillances du moment et peinent à remettre le collectif sur le droit chemin.

. Kombouaré.
En changeant presque constamment de schéma tactique alors qu'il ne jurait que par le 4-4-2 en début de saison, Kombouaré n'a probablement pas mis dans les meilleures dispositions son équipe, déjà passée avec des fortunes diverses au 4-2-3-1 et au 4-3-3.

Si la base semble immuable, l'entraîneur s'obstine à excentrer le jeu, pas toujours avec des spécialistes du poste. Surtout à gauche (Sessegnon, Luyindula). Et quand ceux-ci n'ont pas abusivement tendance à se recentrer, ils ont évidemment pour consigne de déborder et centrer... vers le seul Erding qui, s'il possède une détente impressionnante, n'est pas un géant (1,81 m).

La cassure semble remonter à la réception de Lyon. Paradoxalement, le PSG avait livré ce jour-là son match le plus abouti pour arriver au final à un nul frustrant (1-1, égalisation lyonnaise à la 85e minute). Dominateurs, les Parisiens avaient reculé à l'entrée de Chantôme, à l'origine du but encaissé après avoir perdu le ballon à l'entrée de sa surface.

. Groupe limité. Membre le plus modeste du Big Four, Paris possède indubitablement un effectif limité pour jouer les premiers rôles. En l'absence d'Erding, le PSG n'a ainsi inscrit que quatre buts en cinq matches. Derrière le 11 de départ, le niveau n'est pas très homogène et au sein même du club on s'interroge sur le niveau réel de la jeune garde, Boli, Arnaud et Maurice en tête.

Pour pallier ce problème, certains jouent à un poste qui n'est pas le leur et leurs prestations s'en ressentent. Le départ de Rothen, dépositaire du couloir gauche pendant cinq ans, se fait cruellement sentir. Le club n'a pu ou voulu le remplacer et ni Sessegnon ni Luyindula ne l'ont pour l'instant fait oublier. Paris souffre également d'un manque patent de présence athlétique au milieu de terrain. La taille moyenne des quatre titulaires de la ligne intermédiaire en début de saison (Giuly, Makelele, Clément, Sessegnon) était ainsi de 1,71 m.