Au bord de la crise de nerf il y a un mois, Lens s'est un peu rétabli sur le plan comptable avec deux victoires de rang et a retrouvé une certaine sérénité grâce au changement d'état d'esprit des joueurs, bousculés par les coups de gueule de Jean-Guy Wallemme.
Un nul contre Lorient (1-1), un succès à Sochaux (1-2) et un autre devant Nancy (2-1): ces résultats, plus que la manière, ont redonné des petites couleurs à un promu aux moyens limités et longtemps inquiétant tant par son jeu que par le manque d'envie et de cohérence du groupe.
Il a fallu d'ailleurs que l'entraîneur Jean-Guy Wallemme tape du poing sur la table pour provoquer la révolte qu'il attendait. D'abord dans l'intimité des vestiaires lorsqu'il a diffusé un montage de propos du président Gervais Martel lors d'une assemblée générale des supporteurs.
"Ca a secoué les têtes. Il n'y avait pas une mouche qui volait", raconte son adjoint Michel Ettore qui aimerait avoir des joueurs "plus conscients de ce que fait Gervais (Martel) pour les faire bouffer". "Pour que le groupe soit performant, il faut le pousser au cul", ajoute l'entraîneur des gardiens.
Fait rare, c'est aussi par l'intermédiaire des médias que l'entraîneur a critiqué l'implication de certains joueurs (Monnet-Paquet, Maoulida, Yahia, Boukari) et fait passer son message. Il a parlé de "faux-culs" et reproché "un manque de professionnalisme".
Ces virulentes sorties ont étonné des joueurs qui, selon Wallemme "ne refaisaient pas en match ce qu'ils faisaient à l'entraînement". Mais ils n'ont pas lâché leur patron. "Il a pris ses responsabilités. Il a gagné", constate Ettore.
Frontière minime
Ce coup de gueule a aussi eu le mérite de calmer une équipe dans laquelle les tensions étaient palpables. D'autant que s'il fait toujours jouer la concurrence, Wallemme a réduit la fracture entre les joueurs sur la feuille de match et les autres, surnommés les "lofteurs".
Des bannis du début de saison comme Sébastien Roudet, Kanga Akale, Toifilou Maoulida ou Romain Sartre ont pu revenir dans une équipe qui n'a en revanche pas changé de tactique. Selon l'encadrement, ils ont fait les efforts nécessaires, notamment en se proposant pour jouer avec la CFA.
Les Sang et Or constatent donc une éclaircie après huit matches sans victoires (3 nuls et 5 défaites). "Notre série de sept points en trois matches a enlevé de la pression. Celle-ci était partout. Nous sommes bien plus tranquilles pour travailler", relève Eduardo.
Wallemme sait que tout peut vite être remis en cause. "La frontière reste minime entre la confiance et le doute, même si nous travaillons avec plus de sérénité", assure-t-il, satisfait de voir du "mieux dans le jeu, un bloc plus compact et des efforts défensifs faits collectivement".
"Il y a eu une vraie prise de conscience dans l'importance du travail au quotidien. La remise en question a été permanente suite aux critiques que nous avons essuyées. Chacun s'est fixé des objectifs individuels", explique-t-il, souhaitant éviter "l'excès de confiance" alors qu'une victoire sur l'OM ce week-end serait "un exploit".
