La ligne d'attaque marseillaise donne des signes d'essouflement depuis le festival offert à Lyon (5-5) le 8 novembre lors de la 13e journée. Les deux seuls buts inscrits lors des trois derniers matches sont venus du milieu (Lucho) ou de l'arrière (Heinze). Etat des lieux d'un sextette en baisse de régime, que le mercato d'hiver ne devrait guère modifier.

. Niang à l'arrêt. L'international sénégalais demeure certes le meilleur buteur du club: avec 6 buts en 13 matches, il est même statistiquement en ligne avec ses saisons précédentes (13 buts en 27 matches la saison dernière, 18 en 29 en 2007-2008). Mais après un début en fanfare, il n'a plus marqué en Championnat depuis le 4 octobre devant Monaco. Dans sa carrière marseillaise, il a régulièrement connu des périodes creuses. Moins tranchant physiquement, moins usant pour les défenseurs, moins lucide devant le but, le capitaine marseillais est actuellement à la peine. Sur le côté gauche, Deschamps n'a cependant guère d'alternative. S'il sait que "tous les grands attaquants passent par ces périodes", il explique que Niang "n'est pas un robot" et qu'il peut "débloquer un match à tout moment par une action individuelle, même lorsqu'il se sent moins bien".

. Brandao fait du... Brandao. Son tir sur la barre à Milan alors qu'il avait le but ouvert a beaucoup irrité les supporteurs marseillais. Sur le coup, certains joueurs ont aussi exprimé leur frustration. Recruté à Donetsk en janvier, le Brésilien n'a au fond pas changé. Sauf erreur, il n'a jamais été réputé pour ses qualités de finisseur. Si tel était le cas, il évoluerait sans doute dans l'un des plus grands clubs d'Europe. Car il ne ménage pas sa peine dans le travail de harcèlement exercé sur les défenseurs et dans son rôle de pivot dos au but. C'est pour cela que l'ex-coach marseillais Eric Gerets avait porté son choix sur lui. "Brandao, c'est une bête", avait-il lancé. A 29 ans, le Brésilien n'a pas changé de style. Parfois frustre techniquement, il compense par sa hargne. Elle lui a valu d'inscrire 5 buts en 12 matches. Ce n'est pas honteux. Et si Morientes était au niveau espéré, le débat Brandao ne serait pas aussi vif...

. Morientes en quête de forme. Arrivé en fin de mercato, l'Espagnol, 33 ans, sortait d'une année quasiment blanche à Valence. Reconnaissant lui-même son retard physique, il ne l'a de fait pas rattrapé. Ses rares apparitions -comme la dernière à Lens- ne permettent pas à Deschamps de voir en lui une alternative sérieuse au Brésilien Brandao. C'était pourtant là l'objectif du coach marseillais, au moment du recrutement de l'Espagnol pour lequel il avait beaucoup milité. A la décharge de Morientes: la qualité reconnue de son jeu de tête nécessiterait une bien meilleure précision des centres marseillais... "+Nando+ est le premier déçu de lui-même. Il pensait certainement que cela mettrait moins de temps pour qu'il retrouve le rythme", commente Deschamps.

. Koné, Ben Arfa, Valbuena, en courant alternatif. Aucun de ces trois joueurs ne s'est imposé dans le couloir droit. Koné est régulièrement pénalisé par les blessures, Valbuena a su sortir du banc où Deschamps semblait le vouer mais s'est montré trop inconstant, moins cependant que Ben Arfa dont le talent semble s'étioler.