Meilleur passeur du championnat, de nouveau décisif samedi lors de la victoire de l'OM à Nice (3-1), le milieu marseillais Fabrice Abriel, confirme son bon début de saison et assure que l'équipe n'aura plus d'"appréhension" en recevant le Real Madrid mardi en Ligue des champions.

Trois points pris à l'extérieur, c'est bon pour le moral après votre défaite à Lens ?
C'est bon déjà pour les points! On était dans l'obligation de gagner, dans un derby toujours agressif avec beaucoup d'intensité, et parce que nous étions un peu à la traîne, laissant des points un peu partout. Et avant ce match de mardi (en Ligue des champions), il fallait aussi faire le plein de buts, et de confiance.

Est-ce de nature à vous rassurer avant la réception du Real ?
Oui, car nous étions assez nerveux et frustrés par rapport à la semaine dernière (nul à Milan 1-1, et défaite à Lens). Nous étions énervés aussi, car les critiques ont fusé. Les attaquants ont marqué, et le groupe dans son ensemble a répondu présent, puisque Mathieu (Valbuena) et Baky (Koné) ont été décisifs sur les 2e et 3e but, après leur entrée en jeu".

Vous avez retrouvé l'efficacité offensive...
Oui, car nous avons su être patients. Jouer une équipe à 10 (le défenseur niçois Apam a été exclu juste avant la mi-temps), regroupée en bloc, n'est en effet jamais évident. On a alors essayé de mettre un maximum de mouvement.

Qu'avez-vous retenu du match aller à Madrid ?
On a retenu les 45 premières minutes où nous avions très bien défendu, les faisant déjouer. Nous n'avions fait que défendre, avec une ou deux occasions. Avec un peu plus d'ambition, je pense que nous aurions pu aussi marquer. On a aussi retenu que, dès que nous avons perdu la concentration, nous avons pris trois buts dans la foulée. Je pense que l'on s'est fait un peu "bouffer" par Madrid, et tout ce que cela représente. Mais je pense que nous sommes désormais vaccinés face à ce type de situation, comme nous l'avons aussi montré contre Milan. Il n'y a plus à calculer. Et là, il n'y aura plus cette appréhension.

Vous attendez-vous à un match débridé contre le Real ?
Madrid est une équipe joueuse, avec 4-5 joueurs offensif de grand talent, qui n'a pas trop envie de défendre dans ses 30 m. Ce sera donc forcément ouvert. C'est une équipe qui se coupe en deux, et il faudra en profiter et emballer le match rapidement, comme contre Zurich.

Vous contenteriez-vous d'une victoire de prestige, sans qualification ?
Oui, ce sera important pour le prestige. Normalement, dans chaque groupe, les équipes à 10 points se qualifient pour les 8e de finale. La qualification nous aura échappé pour des détails, si nous finissons à 10 points. Mais nous avons notre destin entre nos mains.

Que bilan personnel tirez-vous de vos 5 premiers mois à Marseille ?
Il y avait beaucoup de changements dans l'équipe, on avait besoin de se connaître, de vivre ensemble. On connaît désormais mieux nos forces, mes coéquipiers me connaissent mieux aussi, et je pense avoir montré une certaine progression. Mais je peux et il faut toujours faire mieux. Ce club l'exige et le suis venu pour cela, pour vibrer.