Le Paris SG, anonyme 11e de L1 avant la réception de Saint-Etienne dimanche, doit en partie cette place insignifiante à l'accumulation des blessures qui le privent de joueurs clés, l'empêchent de travailler dans la continuité et l'obligent sans cesse à changer ses plans.

Pourtant, le néophyte Antoine Kombouaré partait avec les idées claires: dès juillet, il avait son schéma (4-4-2) et son équipe type (Coupet - Ceara, Camara, sakho, Armand - Giuly, Makelele, Clément, Sessegnon - Hoarau, Erding).

Cinq mois plus tard, cette équipe de papier n'a jamais rendue sa copie et l'entraîneur, après s'être essayé au 4-3-3, s'est même un moment converti au 4-2-3-1. Car si l'on considère ce 11 idéal de l'été, Paris est privé en moyenne de trois titulaires par match et n'a pas pu aligner la même équipe plus de trois rencontres de suite (Le Mans, Valenciennes, Lille).

Entre-temps, la grippe H1N1 est passée au Camp des loges, Makelele est resté dans le collimateur d'arbitres, et Sessegnon accumule cartons et suspensions. Sans compter les pépins "classiques", comme les migraines de Sakho à Boulogne où pas moins de cinq cadres étaient absents.

Mauvaise passe
Alors que son banc n'était déjà pas bien épais, une épidémie de blessures "lourdes" a commencé de s'abattre sur le PSG dès juillet, avec la phlébite de Camara. L'ex-stéphanois a fait son apparition dans l'équipe 11 matches plus tard, après plus de trois mois d'indisponibilité. Avec Sakho, Traoré, Bourillon et Camara, le club a déjà réalisé cinq combinaisons centrales. Pas l'idéal pour travailler l'entente et les repères dans l'axe...

Récemment, cette mauvaise passe s'est prolongée avec la fracture de la cheville gauche de Coupet qui, dans le meilleur des cas, ne reviendra pas avant mars. D'autant plus embêtant qu'au poste de gardien, la communication avec le reste de l'équipe est essentielle sur les coups de pied arrêtés et se travaille sur le long terme.

En attaque, la doublette Erding-Hoarau a 19 minutes de vécu commun (Lille). Victime d'une blessure aux adducteurs qui l'avait privé de la fin de saison, Hoarau n'a pas été titulaire avant la 5e journée. Blessé à la 8e aux ischio-jambiers, il a profité de la trêve internationale pour revenir lors de la 9e... et se rompre le ligament d'un genou. Il ne reviendra pas avant janvier!

Puiser dans l'histoire
Depuis, la taille et le réalisme de l'attaquant aux 17 buts en 2008-2009 manquent cruellement au PSG... Tout comme le sens du but d'Erding, arrivé de Sochaux cet été et qui s'est déjà fait opérer d'une épaule avant de se donner une entorse du genou droit. Ses cinq matches d'absence correspondent à la sécheresse offensive du PSG. Ces défections chamboulent évidemment le quotidien du club alors que la répétition des enchaînements à l'entraînement est la base de la réussite.

Comment s'étonner dès lors que ce PSG en manque de réglage n'ait inscrit aucun but sur corner et un seul sur coup franc grâce à une réalisation... contre son camp d'un Manceau? Comment s'étonner également des fautes récurrentes d'une défense qui a peu d'habitudes?

Pour se donner du courage, le PSG en est réduit à puiser dans son histoire. Sur la route de sa Coupe des Coupes, le PSG avait en effet déploré une épidémie similaire à l'automne 1995, avec les blessures de Lama, Roche, Raï, Bravo et Loko, glissant de quatre places avant de perdre son titre de champion en mai.