Déchargé mardi de ses fonctions d'entraîneur de l'AS Saint-Etienne, Alain Perrin est à son tour victime des turbulences dont n'arrive pas à se sortir le club stéphanois, actuel 17e de la Ligue 1, menacé comme il y a un an de relégation.
La saison dernière, son prédécesseur Laurent Roussey n'avait pas résisté à une série de quatre défaites consécutives. Il avait été débarqué au soir de la 13e journée alors que le club était 18e.
Successeur de Perrin, Christophe Galtier, 43 ans, son fidèle adjoint depuis cinq ans à Al Ayn (Emirats arabes unis), Portsmouth (Angleterre), Sochaux, Lyon puis Saint-Etienne, est le cinquième technicien au chevet des Verts depuis la remontée du club en Ligue 1 au printemps 2004. Galtier est le 22e entraîneur de l'ASSE depuis 1981, année du dernier titre de champion des Verts et depuis laquelle onze présidents se sont succédé.
"J'étais peut-être le chat noir de cette équipe et c'est peut-être pour ça que rien ne fonctionnait, a réagi Perrin sur iTélé. J'espère qu'avec lui (Galtier), il y aura le déclic qui permettra d'avoir des résultats". L'entraîneur, qui avait remporté à Lyon le doublé Coupe de France-championnat en 2008, a donc été victime à son tour de l'instabilité chronique du club et de sa gouvernance bicéphale qui affaiblit les prises de décision.
Le pouvoir est partagé entre l'homme d'affaires parisien Bernard Caïazzo et un industriel local, Roland Romeyer, qui ont délégué la direction de l'ASSE, au quotidien, au directeur général Vincent Tong-Cuong, et au directeur sportif, Damien Comolli.
Bricolage
Président depuis juin 2004 dans la continuité de l'accession en L1, Caïazzo a limogé l'entraîneur Frédéric Antonetti, l'artisan de la remontée, remplacé par Elie Baup. Tong-Cuong et Comolli ont été engagés dans la foulée, avant que ce dernier ne parte à Tottenham (Angleterre) dès 2005, pour revenir chez les Verts quelques jours avant l'arrivée de Perrin comme entraîneur.
Le départ d'Antonetti n'a jamais été digéré et, depuis, la politique sportive n'apparaît pas d'une grande clarté, alors que l'ASSE dispose du 5e budget de Ligue 1. Le club vit bercé dans l'illusion constituée par deux qualifications en coupe Intertoto après avoir été 6e (2004-2005) et en Coupe de l'UEFA, et une cinquième place arrachée avec un peu de réussite (2007-2008).
Sans cesse privé de joueurs importants, notamment en défense (Pape Diakhaté, l'ex-Nancéien du Dynamo Kiev, est d'ailleurs pressenti pour venir la renforcer au mercato), Alain Perrin avait prolongé son contrat en juin jusqu'en 2011 mais n'a pas bénéficié, comme Claude Puel à Lyon ou Mehmet Bazdarevic à Grenoble, d'un soutien franc des dirigeants.
Il n'aura pu faire que du bricolage, alors qu'il avait l'ambition en début de saison de "lutter pour les places européennes". Avant lui, le Tchèque Ivan Hasek et Laurent Roussey avaient été victimes de la dualité du pouvoir. Le premier, candidat de consensus, était plutôt soutenu par Caïazzo qui souhaitait initialement Luis Fernandez, tandis que Roussey, adjoint du Tchèque, était le favori de Romeyer.
Pour Galtier, le terrain reste aussi miné que pour ses prédécesseurs, alors que le spectre de la Ligue 2 plane plus que jamais sur l'ASSE, dont le parcours semble épouser celui de Nantes et Strasbourg.
