Bordeaux, leader impressionnant de maîtrise et de solidité ces dernières semaines, rend visite mercredi en match en retard de la 11e journée de L1 au promu Montpellier, son dauphin surprise qui abordera ce sommet inédit sans la moindre pression.

+ Choc rafraîchissant ?

A une semaine de la trêve, très peu d'observateurs auraient parié sur un aussi bon classement des Héraultais. Véritable bouffée d'oxygène dans le paysage de la L1, Montpellier effectue un parcours digne d'un prétendant à l'Europe avec des moyens plutôt limités mais une vertu et un vécu inestimables.

La bande de René Girard, symbiose réussie de jeunes talentueux encadrés par des anciens expérimentés, n'a rien à envier sportivement cette saison à Lyon, Marseille ou le Paris SG, si ce n'est l'aspect médiatique. Rien que pour cela, ce Montpellier-Bordeaux n'est pas un choc en toc.

"Il faut que l'on reste nous-mêmes, plaide l'entraîneur gardois. On a un groupe capable de faire la part des choses. On n'a rien à perdre, on a tout à gagner face à une super équipe".

+ Choc sentimental ?
L'entraîneur des Girondins Laurent Blanc aura sûrement un pincement au coeur mercredi quand il retrouvera La Mosson, là où son "histoire a commencé". S'il cite volontiers les "anciennes tribunes en bois, la butte", il se félicite surtout de "l'évolution qu'a eu ce club depuis 20 ans".

"Ils font un très bon championnat, je suis d'abord heureux pour eux, pour le football à Montpellier et pour des gens qui ont vraiment tout mis dans ce club là pour qu'il arrive à ce niveau-là. J'espère qu'il va s'installer durablement en L1", poursuit le Président.

En face, Girard retrouvera les Girondins, l'un de ses amours de jeunesse avec lesquels il a remporté trois titres de champion et conquis deux Coupes de France dans les années 1980. Et qu'il voit bien "aller au bout" de nouveau cette saison car "je ne vois pas qui peut aller les chercher aujourd'hui".

+ Choc surprise ?
Non, vous diront de concert les Bordelais, notamment Blanc. "On avait fait la même chose à une certaine époque (en 1988), on avait terminé 3e et Monaco avait été champion. On était sur la dynamique de la montée de la L2 et on a réalisé un championnat extraordinaire", se souvient le technicien.

"Ils ont 30 points, un match de moins que nous, c'est l'équipe révélation. Ils jouent ensemble, se battent jusqu'à la dernière minute, c'était le cas contre Paris lors de la première journée", rappelle le Brésilien Wendel.

A défaut de surprise, on peut donc parler de sommet inédit que les promus attendent avec délectation. "C'est un match où Montpellier ne peut que déguster un grand crû bordelais, ce n'est que du plaisir", affirme Michel Mézy, le conseiller du président Louis Nicollin.

+ Choc déséquilibré ?
Face au champion de France, référence habituée des grandes joutes comme dimanche à Lyon (1-0), le MHSC fera figure de Petit Poucet, acceptant sans sourciller le statut d'outsider mercredi.

"Il faut prendre le match par le bon bout, ne pas s'en faire des montagnes, prévient Girard. On ne joute pas dans la même catégorie. A la maison, quand on reçoit un hôte prestigieux, il faut le faire avec dignité".

Autre donnée à signaler, Montpellier a plutôt souffert cette saison contre les gros calibres de la L1 avec deux défaites contre Rennes (0-3) et Marseille (2-4) et un nul concédé contre Paris (1-1) lors de la première journée.

"Si on veut ramener quelque chose de là-bas, il faudra garder l'état d'esprit que l'on a démontré contre Lyon", conclut Wendel.