La logique défaite concédée mercredi devant Auxerre (0:2) a singulièrement noirci le bilan à mi-saison de Marseille, qui, en recherche permanente de continuité dans la performance, peine à mettre ses actes en conformité avec ses ambitions répétées.

A posteriori, le discours éternellement volontariste du président marseillais Jean-Claude Dassier avant le match de mercredi sonne bien mal : "Nous ne renonçons à aucune de nos ambitions", avait-il lancé, louant les qualités d'une équipe "qui a de l'allure, de la gueule et de la ressource".

Les ambitions en question sont claires. Elles ont été affirmées en début de saison : remporter enfin un titre de champion de France, qui serait le premier depuis 1992. Le recrutement, entamé par le président évincé Pape Diouf et son équipe, se voulait à la hauteur de cette tâche quasi-historique. Pas moins de 42 M EUR ont ainsi été investis cet été pour donner corps à ce que le directeur sportif José Anigo pensait être "la meilleure équipe" qu'il ait jamais connue depuis sa présence au club.

Le constat à mi-parcours n'en est que plus rude, sur le plan du jeu en tout cas. Car comptablement, l'OM n'est finalement pas si loin du compte. Avec 32 points, et un match en retard à jouer contre Sochaux, il est au même niveau que la saison dernière (terminée à la 2e place derrière Bordeaux) et peut même virtuellement dépasser son meilleur chrono à mi-parcours (34 points en 2003-2004).

Manque de continuité
Familier des secondes moitiés de saison menées tambour battant, l'OM demeure donc en course pour un ticket direct en Ligue des champions. Le rythme terrible imposé par Bordeaux, qui caracole en tête avec 43 points et chez qui Marseille se déplace le 17 janvier pour une reprise... sans transition, dilue pourtant sacrément ses espoirs de titre.

Le public du Vélodrome pourrait ne pas apprécier ce qu'il considérerait comme le premier échec de la présidence Dassier. Jamais cette saison les virages ne s'étaient montrés aussi virulents que mercredi. Le stade, certes, n'était pas plein, mais il flottait comme un air de divorce moral.

La formation de Deschamps a il est vrai affiché de sacrées carences, comme un "best-of" en négatif de ses mauvaises performances de la saison. Animation offensive en berne, manque de percussion des attaquants, sens de la finition aléatoire, placements défensifs hasardeux: cette équipe-là ne saurait être championne de France.

"Il est difficile d'établir un bilan, car nous avons du mal à trouver la continuité", résume à juste titre le coach Didier Deschamps. Brillant un jour, en perdition le lendemain, besogneux ensuite, l'OM offre au fond le visage d'une équipe instable, en éternelle construction, peu sûre de son football quoique globalement solide.

Cela n'a évidemment pas suffi pour franchir le cap de la phase de poules en Ligue des champions, autre objectif -galvaudé- du début de saison. Pour accéder au second, un titre, il faudra encore cravacher, sans espérer de miracle au mercato en raison de moyens financiers limités. Et compter aussi, voire beaucoup, sur une panne de la mécanique bordelaise.