A la mi-saison, le bilan du Paris SG, 7e de L1 à quatre points de la Ligue des champions, est jugé "encourageant" par l'entraîneur Antoine Kombouaré qui a toutefois aussi remarqué que son équipe, bourreau des cancres, était également le souffre douleur préféré des cadors.

Le contraste est saisissant. Sur ses 29 points, Paris en a pris 15 face aux six derniers, contre seulement huit face au six équipes qui le précèdent. Battus 1 à 0 par Bordeaux et Marseille (ainsi que par Toulouse, Nice et Rennes), les joueurs parisiens, dont la meilleure série se limite à trois victoires, ne peuvent même pas fanfaronner avec leur succès sur Lille (3-0) fin août. A l'époque, l'actuel 2e était en effet 18e...

Si ses cartons ont dessiné une équipe impitoyable avec les faibles (Grenoble 4-0, Boulogne 5-2, Saint-Etienne 3-0), ses revers et contre-performances contre les adversaires de son niveau ont également montré les limites d'un groupe d'intermittents peu épargnés par les blessures et qui acceptent bien trop facilement le sort d'un match, que celui-ci soit favorable ou non.

"Ce n'est jamais tout mauvais ou tout bon. Je suis toujours sorti frustré de nos matches", regrettait le 27 novembre le combatif Kombouaré qui, de guerre lasse, a même estimé qu'il était temps que ses joueurs "se bougent le cul".

Son succès étriqué (1-0) contre Auxerre, alors leader dans la foulée de sept victoires consécutives, est le seul relatif fait d'armes d'une équipe qui a encaissé huit de ses 18 buts après la 75e minute.

A sa décharge, l'équipe-type n'a jamais pu être alignée et les blessures de Coupet et Hoarau ont durement frappé un club qui, sur le papier, n'était déjà pas aussi compétitif que Bordeaux, Lyon ou Marseille.

Menaces de huis-clos
Si les recrues Jallet (3 buts, 5 passes) et Erding (7 buts, 2 passes) ont confirmé les espoirs placés en eux, les cadres (Armand, Sessegnon, Sakho, Giuly) sont plutôt passés au travers. Quant à Makelele, 36 ans, il fait avec le carburant qui reste dans ses jambes!

Leur victoire à Boulogne et leur défaite à Rennes a enfin montré que les jeunes (Sankhare, Ngoyi) et habituels réservistes (Chantôme) ne pouvaient pas encore troubler la hiérarchie et qu'il fallait les utiliser à doses homéopathiques, contre des adversaires modestes.

L'activité en coulisse n'a pas non plus contribué à tranquilliser un club tantôt victime tantôt à l'origine de ces polémiques dont il a le secret.

Le président Leproux a étrenné ses fonctions par une passe d'armes avec le Marseillais Dassier à l'occasion du report du clasico en octobre pour cause de grippe H1N1. En décembre, après une altercation avec un dirigeant de Boulogne, le directeur de la communication parisienne a ramené du nord un nez cassé. Juste avant que n'éclate "l'affaire Edel", du nom du gardien arméno-camerounais qui, accusé d'avoir falsifié son état-civil par un ancien entraîneur, n'a toujours pas porté plainte.

Enfin, le club est resté dans le collimateur des instances qui reprochent à ses supporteurs l'utilisation massive de fumigènes. Avec trois procédures qui lui collent au train, les menaces de huis-clos en 2010 se rapprochent...

L'entraîneur a eu beau perdre ses nerfs à l'issue de la 1re défaite au Parc devant Nice, le président a eu beau venir dans le vestiaire secouer ses salariés à deux reprises, la dernière mardi après son brouet rennais, rien n'y a fait et Paris sera particulièrement guetté lors de la 2e partie de saison.

Le PSG, qui reprendra à Lille, aura beaucoup à gagner ou à perdre chez le nouveau Gargantua de la L1. Soit il partira sur un nouvel élan en réalisant un coup, soit il restera aussi désespérant.