Le large succès mercredi à Nancy (4-0) a conclu en beauté l'incroyable mois de décembre réalisé par Lille qui permet au club nordiste, au fond de la classe à la rentrée d'été, d'occuper une surprenante deuxième place en L1 à la trêve, à neuf points du leader bordelais.
Malgré un effectif aux multiples talents, le Losc a mis du temps pour s'affirmer après une intersaison étrange marquée par le limogeage avorté de l'entraîneur Rudi Garcia. Trois défaites en quatre matches, dont une claque à Paris (3-0) et une 18e place: le début de championnat du Losc fut même calamiteux. La venue du voisin valenciennois en pleine forme le 28 novembre allait pourtant sonner le réveil des Dogues.
Depuis ce 1er festival offensif (4-0), Lyon, Saint-Etienne, Monaco et Nancy se sont également abonnés au tarif maison: quatre buts encaissés pour chacun. Le bel exploit du Mans, qui est reparti avec trois pions seulement dans la musette, est à souligner!
Depuis six matches, Lille tourne ainsi à la moyenne hallucinante de 3,83 buts par match, s'imposant comme la meilleure attaque de L1 (37 buts). "Ce qu'on réalise en ce moment est énorme mais il faut être prudent, relativise pourtant Rudi Garcia. On nous disait il y a quelques mois qu'on jouait le maintien: c'était exagéré. On nous dit aujourd'hui qu'on joue le titre: ça l'est tout autant. La CAN va arriver et elle va peser quantitativement en janvier".
Groupe inexpérimenté
La Coupe d'Afrique des nations privera en effet Lille pendant un mois de son défenseur Aurélien Chedjou mais surtout de Gervinho, meilleur buteur de L1 avec 11 buts. Mais si l'ex-banni Frau continue d'être aussi décisif, tout est possible.
Dans ce contexte, le mercato peut s'avérer décisif. Les dirigeants lillois avouent être à la recherche d'un ou deux défenseurs, pour renforcer un secteur de jeu qui a parfois montré ses limites... même si le retour de blessure précoce de Landreau dans le but (seulement 5 buts encaissés en neuf matches) correspond à la bonne série actuelle et a diablement stabilisé un secteur qui avait auparavant craqué 14 fois en dix rencontres.
Encore inexpérimenté, le groupe, qui s'est tranquillement qualifié pour les 16e de finale d'Europa League contre Fenerbahçe (18 et 25 février) en terminant 2e du groupe B derrière Valence mais devant Gênes, doit aussi prouver sa capacité à enchaîner les bons résultats sur plusieurs mois.
La revanche de Garcia
En attendant, Rudi Garcia savoure sa revanche. Licencié début juin après avoir conduit le Losc à la 5e place, il avait été rappelé trois semaines plus tard par le président Michel Seydoux. Ce dernier, qui avait dans l'intervalle éjecté son directeur général Xavier Thuilot, avait alors évoqué une "crise de croissance".
Mais l'épisode a longtemps pesé sur les esprits et le faux départ a provoqué un retard dans la préparation du club. Il a fallu aussi digérer le départ du joueur clé de la saison dernière, Michel Bastos, transféré à Lyon pour 18 M EUR. Longtemps, l'ombre du Brésilien a plané sur le jeu offensif du Losc. L'intégration du 1er carré, l'objectif présidentiel en début de saison, est donc plus que jamais d'actualité.
Pour y parvenir, il faudra tout simplement bien négocier les deux premiers mois de l'année, et l'enchaînement CAN-Coupe d'Europe qui ne demande qu'à disperser le groupe. Le risque est que la trêve ait coupé l'élan mais si ce n'est pas le cas, le Losc n'aura ensuite plus qu'à sprinter aussi bien qu'il a su le faire fin 2009.
