Son départ estival pour Marseille est considéré par les Ultras bordelais comme une "trahison": autant dire que le défenseur central marseillais Souleymane Diawara, ex-pilier girondin, se sait attendu avant le sommet Bordeaux-OM dimanche.
"Bien sûr qu'ils m'en veulent... C'est le foot! Il y a des départs, des arrivées. Je sais qu'il y a quelques "gringos" qui vont me siffler. Mais heureusement, ils ne sont pas tous comme ça, il y a aussi des gens qui m'aiment", rigole aujourd'hui l'international sénégalais.
En routier des terrains, il poursuit: "vous savez, j'ai la trentaine... Ils vont me siffler, c'est clair. Ce sera dur au départ. Mais après le coup d'envoi, j'en ferai abstraction".
A parcourir le site internet des Ultras marine, le plus important club de supporteurs bordelais, on comprend pourquoi Diawara s'attend à un tel comité d'accueil. Sous une bannière "Diawara trahison!", on y vilipende le présumé double-jeu du défenseur, prompt à changer d'écurie après avoir déclaré sa flamme à Bordeaux où il se serait "pris pour la coqueluche du club".
De fait, c'est bien en Gironde, où il figurait dans l'équipe-type, que l'ancien joueur de Sochaux a connu la consécration sportive, remportant la saison dernière le titre de champion et la coupe de la Ligue. Arrivé deux ans plus tôt de Charlton (1re div. anglaise), il s'était rapidement affirmé comme l'un des tauliers du collectif dirigé par Laurent Blanc.
Négociations ardues
L'intersaison a évidemment troublé les choses. Les images de fête ponctuant le titre, où Diawara n'avait pas laissé sa part aux chiens, étaient à peine dissipées que s'engageaient d'ardues négociations en vue d'un transfert. Les dirigeants bordelais, se disant d'abord surpris de l'initiative marseillaise, ont alors négocié au mieux.
"J'ai longtemps attendu et pensé que les Girondins allaient davantage me respecter", devait déclarer le joueur peu après sa signature à l'OM, moyennant 7 millions d'euros. Une belle somme en L1 pour un défenseur de 31 ans.
Un tacle rugueux de Diawara sur son ami Chamakh, en match amical en juillet à Dax, n'a évidemment pas amélioré la cote du défenseur central marseillais chez les fans bordelais.
"Cela a fait plus de bruit, car c'était sur Marouane. C'est quelqu'un que j'admire beaucoup et les gens ont cru qu'il y avait une embrouille entre nous. Mais il n'y a rien du tout. C'était dans le jeu et j'aurais fait la même chose sur quelqu'un d'autre", raconte aujourd'hui celui qui est devenu le titulaire quasi-inamovible de la charnière marseillaise --aux côtés d'Heinze, malgré une complémentarité pas toujours évidente-- après des débuts parfois délicats.
Ses anciens coéquipiers, eux, ne lui en tiennent en tout cas pas rigueur: "il serait dommage qu'il soit mal accueilli par les supporteurs parce qu'il a changé de club, lance le milieu bordelais Alou Diarra. Nous n'acceptons pas ce comportement. Il est très apprécié dans le club. Il a opté pour le challenge OM, c'est son choix. En deux ans, il n'a pas triché ici", souligne l'international. Pas sûr qu'il soit entendu...
